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CHAP. XI. ACIDE RACÉMIQUE

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TARTRATES.

L’acide larlrique est un acide bibasique, comme l’acide pyropbosihoriqiie, c’est-à-dire qu’il peut donner naissance à deux espèces de ;els, en échangeant un ou deux équivalents d'eau pour un ou deux équi- •alents de base réelle. Ces sels sont représentés par les formules géné- ’ales RO,HO,G®H^O‘<^ et 2RO,C^H^O^® : on donne improprement aux )remiers le nom de bitartrates ou de tartrates acides^ aux seconds le nom le taj'frates neutres, mais il est bien entendu que ces tartrates sont leiîtres au même litre, l’eau jouant dans les premiers le rôle de base.

Les principaux tartrates sont les tartrates de potasse, le sel de Sei- ^nette employé en médecine, NaO,RO,G®H^O^®, et l’émétique.

1301. Émétique. — G’est un tartrate de potasse et d’antimoine dans equel l’oxyde d’antimoine, Sb^O^, remplace la molécule d’eau du bitarrate de potasse. Sa formule est donc Sb20^,K0,G®H'^0i^-f-2H0. On voit |ue c’est un sel de composition anormale, puisque, dans les tartrates ^rdinaires, le rapport de l’oxygène de l’acide à l’oxygène de la base est ifle 10 à 2, tandis qu’il est de 10 à 4 dans l’émétique de potasse.

ÎGe sel, employé en médecine comme vomitif, se prépare en faisant )Ouillir une dissolution concentrée de bitarlrate de potasse avec de m’oxyde d’antimoine; il cristallise, par refroidissement, en octaèdres ! homboïdaux brillants, qui perdent leur eau d’hydratation à 100° ; chauffé

1ers 230°, il perd encore 2 équivalents d’eau nécessairement enlevés . l’acide tartrique anhydre, mais il les reprend au contact de l’eau. Mis |n présence de dissolutions salines, il peut, par double décomposition, tonner des émétiques peu solubles, oii la potasse est remplacée par de ’oxyde de plomb ou d’argent, etc.

s L’acide sulfhydrique en précipite du sulfure jaune-rougeâtre d’antinoine et régénère le bi tartrate de potasse.

L’acide arsénieux, l’acide borique, forment avec le bitarlrate des produits analogues à l’émétique et de composition tout aussi anormale. Le oroduit RO,BoO^,G^H^O^^, formé avec l’acide borique, est connu sous le lom de crème de tartre soluble; on l’emploie fréquemment comme purgatif.

Acide racéiiiique.

Gelacide, quia la même composition que l’acide tartrique, l’accom- )agne dans le jus du raisin et surtout dans ceux du Midi; aussi le ren- :oritre-l-on dans certains tartres bruts d’Autriche, de Hongrie, et prin- ■ipalement d’Ralie. Il fut découvert par M. Restner, de Thann.

/ 1302. Propriétés. — Il ressemble beaucoup à l’acide tartrique, mais

1 est moins soluble que lui; il renferme un équivalent d’eau de cristal-

Tfjü ,

CHIMIK INORGANIQUE.

lisation qu il perd à 100". II précipite, comme l’acide tartriqiie, les sels de potasse et l’eau de chaux, mais le racémate de chaux est insolubledins

le chlorhydrate d’ammoniaque qui dissout facilement le tartrate de chaux.

1303. Constitution de l’acide racémique. — Si l’on sature le hiracémate de soude par l’ammoniaque, on obtient, par une cristallisation lente deux sels doubles, présentant la môme forme générale et la même composition, mais ces cristaux sont hémiédriques i, et leurs facettes hémiédriques sont dissymétriques, de telle sorte que les formes ne sont pas superposables : l’une semble être l’image de l’autre, vue dans un miroir; comme cela a lieu par exemple pour nos deux mains. Les dissolutions de l’un de ces sels dévient le plan de polarisation à droite, tandis que celles de Uautre, pour un môme poids de substance, le dévientà gauche de la môme quantité. Les acides retirés de ces sels agissent comme eux sur la lumière polaiisee. On les désigné sous le nom d’acide dextroracémique et d’acide lévoracémique, pour indiquer cette diflérence de propriétés. L’acide dextroracémique est identique à J’acide tartrique ordinaire; l’autre, l’acide lévoracémique, est un isomère du premier. En mélangeant deux dissolutions un peu concentrées de poids égaux de ces deux acides, il se forme immédiatement une combinaison avec dégagement de chaleur, qui reproduit l’acide racémique ordinaire.

^ Ces remarquables expériences, dues à M. Pasteur, montrent bien que 1 acide racémique, substance sans action sur la lumière polarisée, est la combinaison à équivalents égaux de deux substances de môme nature chimique, mais d’arrangement moléculaire différent et tel que chacune de ces substances exerce sur la lumière polarisée une action égale et de sens contraire. L acide tartrique n’est pas le seul corps naturel qui présente ces phénomènes de corrélation de l’hémiédrie et du pouvoir rotatoire. Les acides camphorique, malique, etc., sont dans le même cas.

Lorsqu’on sème dans une dissolution de paratartrate d’ammoniaque contenant un peu de matières albuminoïdes quelques spores de penici-

apies a oi de symétrie de Haüy, on sait que toute modification supposée effectuée sur lune des parties d’un cristal affecte toutes les parties identiques. Un cube doit être tronqué à la fois sur ses huit angles solides, mais dans certains cas il ne l’est que de deux en deux, sur quatre sommets ; les facettes ainsi obtenues, prolongées, formeraient un tétraèdre régulier. La même modification sur les quatre angles restants donnerait uii tétraèdre superposable au premier. Si l’on considère un prisme droit à base rliombe, on voit que les huit arêtes des bases sont identiques, mais non à celles de la hauteur - en les modiüant par des troncatures portant sur les arêtes opposées à chaque base et e’n croix aux deux extrémités, on obtiendra des facettes qui, prolongées, conduiraient à un tétraèdre. 11 y a deux tétraèdres possibles, comme pour le cube, différemment placés sur le prisme; mais ces tétraèdres ne sont plus superposables; ils sont symétriques. C’est cette modification du cristal dans la moitié de ses parties identiques qui constitue fliéiniédrie.

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