‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 489 sur 537 · URÉE · texte numérisé non relu

URÉE

•1388. Préparation. — On peut obtenir l’urée en mélangeant les dissolutions de cyanate de potasse et de sulfate d’ammoniaque et évaporant doucement à siccité; il se produit du sulfate de potasse et du cyanate d’ammoniaque qui se transforme en urée par une simple modification isoméri- ^ que. On sépare l’urée du sulfate de potasse par l’alcool (XVohler). Mais on

814 cuimiü: organique,

l’cxlraille plus souvent de Turine de l’homme, qui en contient 2 à 3 pour 100 On évapore doucement l’urine jusqu’au dixième de son \olume, et on y ajoute de l’acide azotique exempt de vapeurs nitreuses ; il se forme alors des cristaux d’azotate d’urée peu soluble à froid. On égoutte ces cristaux et on les décolore en filtrant leur dissolution sur du noir animal préalablement lavé à l’acide chlorhydrique. On décompose ensuite la dissolution d’azotate d’urée par le carbonate de baryte; il se forme de 1 uree, de l’azotate de baryte, et l’acide carbonique se dégage. On repi en par l’alcool, qui dissout seulement l’urée, et on évapore pour l’ol^enir eu cristaux. On voit qu’il est nécessaire d’employer du noir animal dépouillé de carbonate de chaux, afin d’éviter la production d’azotate de chaux, soluble dans l’alcool, pendant la décoloration de l’azotate d’uree. ^

1389. Propriétés. — L’urée cristallise en prismes rectangulaires incolores, inodores, d’une saveur fraîche, elle fond à 120° sans se décomposer, et se prend en masse cristalline, par refroidissement. Cbau ee au delà de son point de fusion, elle se décompose principalement en acide cyanurique et ammoniaque. Elle est très-soluble dans l’eau et s y dissout en produisant un froid assez vif; elle ne s’y altère pas a ébullition, mais chauffée à 200°, en tubes fermés, avec de l’eau, i’uree se transforme intégralement en acide carbonique et ammoniaque en fixant les éléments de 2 équivalents d’eau.

rauuy'mî -A- 2HO = -h SAzH^.

Urée.

Danslaputréfactiondel’urine,l’uréesubitcetteremarquabletransforma-

lion;lesacidesoulesbasescbaufieesavecrurineproduiraitmtlemêmeeüet.

L’urée se comporte comme une base faible, analogue à 1 ammoniaque, elle donne avec les acides azotique et oxalique des sels très-peu solubles, elle s’unit également à quelques oxydes métalliques, et a plusieurs composés binaires ou salins; nous donnons les formules de quelques-uns de

ces composés :

( 2H4Az20^HCl, C2H'^Az^02,H0,Az0^ !2(C21RAz502,H0)G'»06, C2H^Az^U2,2IlgO, Cm^Az'=^02,:UlgO, C2H^Az^O^^HgO, C^ll'^Az^OSNaCl -i- 2HO,

C21UAz202,Ag0,Az0=b

G21EAz20’,2(AgO,ÂzO=’),

chlorliydrate d’urée, azotate d’urée, oxalate d’urée.

I combinaisons d’urée et d’oxyde de mercure.

combinaison de chlorure de sodium et duiée, qui ciistalli-e quand on évapore l’urine à consistance sirupeuse.

I combinaisons d’azotate d’argent et d’urée.

1 Tin brmmie bien portant produit en vingt-quatre heures 30 grammes d’uree environ, (.•est sous celle tonne que l’azole des malli'ies quaternaires est élimine de 1 ecoiionu .

CIIAl\ XV. ACIDE URIQUE. 8lo

L’acide azoteux transforme inslanlanémenl Turce en gaz carbonique, azote et eau :

C2II4Az202 + 2Az03=:2C02+ 4Az +/|TIO.

Cette réaction permet facilement de purifier l’acide azotique des vapeurs nitreuses qu’il contient, en y ajoutant quelques crislaux d’urée.

Nous rappellerons que l’urée est le type d’une série de composés dont nous avons parlé au paragraphe 11D5.

Acide urique, C'®ll-Az^0^,2H0.

On trouve l’acide urique dans l’urine, dans les calculs et dans les sédiments urinaires; les concrétions articulaires des goutteux en contiennent à l’état d’urate de soude.

1390. Préparation et propriétés. — On fait bouillir des excrémeuls de serpent (urate d’ammoniaque impur) avec une dissolution étendue de potasse caustique, on filtre la dissolution et on la verse bouillante dans un excès d’acide sulfurique étendu et chaud. On obtient un précipité qu’on lave à l’eau pure.

L’acide urique est une poudre cristalline, blanche, légère, inodore, insipide, extrêmement peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et dans l’éther, soluble sans décomposition dans l’acide sulfurique concenlré.

L’acide urique est un acide très-faible, il donne des urates alcalins blancs, cristallins, peu solubles dans l’eau, mais très-solubles dans un , excès d’alcali ; l’acide carbonique en précipite un urate acide, qui a d’a- ! bord l’aspect d’une gelée transparente, mais qui ne tarde pas à se précipiter à l’état pulvérulent ; l’urate acide d’ammoniaque présente les mêmes : phénomènes.

On peut obtenir avec l’acide urique une nombreuse série de dérivés J que nous ne pouvons étudier dans cet ouvrage ; nous nous bornerons ^ seulement à indiquer les propriétés de l’un des corps les plus remarj> quables de celle série.

[ 1391. liurexidé — Qq dissout de l’acide urique dans de

l’acide azotique concenlré, et on évapore jusqu’à ce que la dissolution

commence à se colorer en rouge ; on la sature par l’ammoniaque pendant qu elle est encore chaude, et on l’étend d’un peu d’eau. On obtient une dissolution rouge-pourpre foncé, qui laisse déposer par refroidissement des prismes d’une couleur exti êmemenl belle, d’un éclat métallique vert, tout à fait semblable à celui des élytres des scarabées dorés. Ils sont rouges par transparence et donnent une poudre de môme couleur. Ils sont peu solubles dans l’eau, quoiqu’ils la colorent fortement. On peut se servir de celte réaction pour reconnaître de petites quantités d’acide urique.

CHlMlb: ORGANIQUE.

Si 6

Acide hippurique, C^^ll^AzO^,lIO .

1392. Préparation. — GgI cicidô existe principâlôDQent dans 1 urine des herbivores; pour l’en extraire, on évapore au huitième de 1 urine fraîche de cheval, et on verse dans la liqueur bien refroidie de 1 acide chlorhydrique jusqu’à réaction acide, on obtient bientôt un magma cristallin d’acide hippurique. On lave l’acide brut avec de l’eau froide, on l’exprime, on le fait macérer dans une grande quantité d’eau chlorée dans laquelle on le dissout ensuite à chaud ; par le refroidissement la

liqueur laisse déposer des cristaux incolores.

1393. Propriétés. — Ce sont de grands prismes rhomboïdaux incolores, solubles dans 400 parties d’eau froide, beaucoup plus solubles à chaud et dans l’alcool. Ils sont fusibles sans décomposition ; mais, si on les chauffe davantage, ils se décomposent en donnant comme produit principal de l’acide benzoïque. Si l’on fait bouillir une dissolution d’acide hippurique avec un acide, il se décompose en acide benzoïque et en glycocolle, en fixant les éléments de 2 équivalents d’eau :

Ci8I19AzOG + 2HO = -f- C^H^AzO^

Acide hippurique. Ac. benzoïque. Glycocolle.

Sous l’influence des alcalis ou dans la fermentation de l’urine des herbivores, l’acide hippurique se dédouble de la même manière.

M. Dessaignes a reproduit l’acide hippurique en faisant réagir le chlorure de benzoïle sur le glycocollate de zinc (acétamate de zinc), d’après la formule suivante :

CHHSCIO^ + C'^HvZnAzO^ = ZnCl + CiSHUzOe.

Chlorure Acétamate de zinc. Ac. hippurique,

de benzoïle.

L’acide hippurique prend naissance dans l’économie, et passe dans les urines quand on introduit dans l’estomac des animaux de l’acide benzoïque ou de l’essence d’amandes amères.

CIIAP. \V!. putréfaction-, ÉTC.

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