NOMENCLATURE DES SELS
30. L’acide détermine le genre du sel ; il se rend, en effet, au pôle positif quand on décompose un sel par la pile; l’oxyde sert à déterminer l’espèce. Le nom du genre se forme en remplaçant la terminaison ique du nom de l’acide par la terminaison ate. Le sel formé par la combinaison de l’acide carbonique et de la chaux ou oxyde de calcium s’appelle donc carbonate d’oxyde de calcium ou de chaux, et les carbonates sont des sels formés par l’acide carbonique. Autres exemples : sulfate de protoxyde de fer, azotate de sesquioxyde de fer. La terminaison eux des acides se remplace par la terminaison ite dans les sels de ces acides. Ainsi le sulfite d’oxyde de cuivre est formé par la combinaison de l’acide sulfureux et de l’oxyde de cuivre. L’hyposulfite de soude contient de l’acide hyposulfureux et de la soude, etc.
Un acide et une base peuvent souvent se combiner en plusieurs proportions; en général l’un des composés résultants est neutre, ceux qui renferment plus d’acide sont eux-mêmes acides, ceux qui contiennent plus de base sont basiques. Les premiers pourraient être appelés simplement sels acides, les seconds sels basiques, mais il est préférable d’indiquer, au moyen des préfixes >^esqui^ /n, etc., qui nous ont déjà servi, le rapport de composition existant entre un sel donné et le sel neutre. C’est pourquoi nous désignerons les carbonates et les azotates cités comme exemples dans la loi des proportions multiples (21) par tés noms suivants :
Carbonate neutre de soude. ... (22 d’acide carbonique et 31 de soude).
Sesquicarbonate de soude (33 — et 31 — )•
fiicarbonate de soude (44 — et 3i — )•
NOTIONS PRELIMINAIRES
Les préfixes s’appliquant à l’acide carbonique, il est inutile d’indiquer autrement qu’il s’agit de sels acides.
Azotate neutre d’oxyde de mercure. (54 d’acide azotique et 108 d’oxyde de mercure'.
— bibasique de mercure (54 — et 21G — ).
— tribasique.. . (54 — et 324 — ).
Remarque. — Afin d’abréger le discours, quand un métal ne forme qu’un oxyde salifiable, ou qu’un seul de ses oxydes est intéressant à étudier, on supprime dans le nom du sel le mot oxyde, et on dit ;
Azotate neutre de mercure.
— tribasique de mercure.
Mais il est bien convenu que le mot oxyde doit être sous-entendu.
31. üels doubles. — Certains sels peuvent se combiner entre eux en proportions définies; en général ils ont le même acide; on les désigne alors en faisant suivre le nom générique du sel des noms des deux bases.
Exemples :
Sulfate d’alumine et de potasse (combinaison de sulfate d’alumine et de sulfate de potasse).
— de potasse et de magnésie (combinaison de sulfate de potasse et de sulfate de magnésie).
32. Combinaison de l’eau avec les oxydes et les aoifles. — On désigne ces combinaisons sous le nom à'hydrates. Comme l’eau joue le rôle d’élément électro-positif par rapport aux acides et d’élément électro-négatif par rapport aux bases, il est bon, afin de rester fidèle à la convention relative à l’ordre des noms, de dire acide borique hydraté plutôt qu’hydrate d’acide borique. On dira, au contraire, hydrate d’oxyde de cuivre, hydrate de potasse (composés d’eau et d’oxyde de cuivre ou dépotasse).
33. Composés «le la ciiimie organique. — On n’a établi aucune réglé précise pour la nomenclature des composés produils dans l’organisme sous rinlluence de la vie ou des corps qui en dérivent. Les conventions ordinaires étaient évidemment insuffisantes pour dénommer un nombre immense de corps formés par la réunion d’un très-petit nombre d’éléments, tels que le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote, qui forment à eux seuls, en se combinant deux à deux, trois ii trois ou quatre à quatre, la pluralité des composés organiques. On a seulement divisé ces composés en trois grandes classes, les composés acides, les composés alcalins et les composés neutres, et l’on a cherché à spécifier chaque corps par un nom rappelant son origine ou ses propriétés :
Acide citrique, trouve dans le citron;
Acide lartrique, retiré du tartre des vins ;
Sucre, retiré du jus sucré de beaucoup de plantes ;
Quinine, base extraite du quiiuiuina.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
On comprend facilement toute l’insuffisance d’une pareille nomenclature ; mais malheureusement, même à notre époque où la chimie organique a fait tant de progrès, il n’existe aucun système d’ensemble permettant de dénommer tous les corps d’une manière rationnelle.'Toutefois nous devons dire que les chimistes modernes, en s’occupant surtout de la classification des corps organiques en séries, ont été conduits à imaginer des nomenclatures partielles, qui facilitent singulièrement l’étude de la chimie organique; nous ne pouvons nous en occuper ici, leur exposition se joindra tout naturellement à l’étude des composés qu’elles comprennent.
34. Nomenclature de Berzelius. — Notre nomenclature est évidemment défectueuse en certains points, notamment à l’égard des composés binaires. Nous avons, en effet, désigné sous le nom d’acides chlorhydrique, sulfhydrique, les composés hydrogénés acides du chlore et du soufre, mais nous avons continué à désigner sous le nom de chlorure de phosphore, de chlorure de mercure, des composés ayant également des propriétés acides. Il est inutile de faire pour l’hydrogène une règle à part, et il serait bien plus rationnel de donner une terminaison identique à tous les corps doués de propriétés analogues; Berzelius proposait de désigner par les noms de chloride hydrique, chloride phosphorique, chloride phosphoreux, chloride mercurique, les composés acides résultant de l’union ,de deux corps. L’analogie des composés résultant de l’union du chlore ou de l’oxygène avec le phosphore, par exemple, est tout naturellement exprimée par des dénominations analogues.
Chloride phosphorique. Acide phosphorique,
— phosphoreux , — phosphoreux.
Les deux sulfures d’arsenic deviendront, l’un le sulfide arsénique, et l’autre le sulfide arsénieux, parce que ces sulfures, acides comme l’acide arsénique et l’acide arsénieux, ont une composition et des propriétés analogues.
Un autre changement également apporté par Berzelius dans cette partie de la nomenclature est relatif à la dénomination des oxy des. Le nombre des oxydes basiques d’un même corps étant ordinairement restreint à deux, on peut sans inconvénient leur donner la même terminaison qu’aux acides. On dira, par exemple, oxyde ferreux et oxyde ferrique, au lieu de protoxyde de fer et de sesquioxyde de fer. On dira également sulfate ferreux ou ferrique, au lieu de sulfate de protoxyde ou de sesquioxyde de fer.
Il est à regretter que les chimistes n’aient pas généralement accepté ces dénominations; mais, pour nous conformer aux usages reçus, nous ferons seulement usage, dans cet ouvrage, de la nomenclature ordinaire adoptée en France par presque tous les auteurs.
NOTIONS PRELIMINAIRES
35. ^^otations chimiques et équivalents. — Le tableau descorps simples (26) contient, à côté de chaque nom, un symbole formé d’une ou de deux lettres pouvant servir à représenter le nom lui-même dans une écriture plus abrégée. Ainsi G représente le carbone; Ca, le calcium; Cd, le cadmium : la seconde lettre sert, comme on le voit, à écarter toute confusion. Devant chaque symbole se trouve un nombre nombre pro-
portionnel ou équivalent^ qui satisfait à la condition suivante : quand nous considérons un composé binaire, par exemple, la quantité de l’élément électro-négatif qui se combine avec un poids de l’élément électro-positif déterminé par le nombre proportionnel de ce corps est donnée par le nombre proportionnel de l’élément électro-négatif, ou par un multiple simple de ce nombre. Nous ne nous inquiéterons pas pour l’instant de l’origine des équivalents, nous nous bornerons à montrer tout le parti que les chimistes peuvent tirer de leur emploi et de celui des symboles.
Supposons qu’il s’agisse du sulfure de plomb, nous pouvons représenter ce corps parla formule PbS, composé des deux symboles du plomb et du soufre; les nombres 103,5 et 16 placés, dans le tableau des corps simples, à côté de ces symboles, indiquent en outre les proportions suivant lesquelles les deux corps se combinent, ils font donc connaître la composition du sulfure de plomb.
Nous avons vu (21) que 14 parties d’azote peuvent s’unir à 8 d’oxygène ou à 16, 24, 32 et 40 de ce corps, pour donner naissance aux divers composés oxygénés de l’azote ; nous représenterons le premier composé par la formule AzO, qui nous rappelle en même temps la composition du corps, puisque Az correspond à 14 et O à 8; le second composé, contenant deux fois plus d’oxygène, se représentera par la formule AzO^, l’exposant 2 indiquant seulement qu’il faut multiplier 8 par 2 pour avoir le poids d’oxygène s’unissant à 14 d’azote; les trois autres seront représentés, par la môme raison, parles formules AzO^, AzO^ et AzO®. Ce dernier est l’acide azotique.
Soit maintenant à formuler l’azotate de potasse. La formule suivante RO, AzO®, qui nous fait connaître la nature des éléments constitutifs de ce corps, nous apprend également sa composition, R correspond en effet à 39 de potassium, O à 8 d’oxygène et AzO® à (14-1-40) ou 5i d’acide azotique. La virgule placée entre le symbole de la potasse et celui de l’acide azotique indique que le sel contient de la potasse et de l’acide azotique. Si l’on n’avait eu en vue que le rappel des éléments qui le constituent, sans rien préjuger sur leur arrangement, la formule
eût été suftisante.
AzO^K
NOTIONS PHELIMINAIRli:S.
L’acide sulfurique se représenlanl par SO^, essayons de comprendre la formule suivante, qui est celle de Talun ordinaire :