‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 11 sur 278 · AVANT-PROPOS. XIX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIX

force plus destructive que la vapeur, — aux mains des inhabiles? — Et, pourtant, que de merveilles ne produitelle pas, lorsqu'elle est maniée par des gens qui veulent et savent s'en servir!

Enfin, que l'amiral Rigault de Genouilly ait eu raison ou tort de doter son pays de l'admirable port de Saïgon, c'est un fait que d'illustres hommes d'État peuvent considérer comme funeste, car ils ont toujours contesté à la France la possibilité de grandes destinées maritimes et coloniales, — comme si la possession d'une côte maritime n était point un symbole d'indépendance et une promesse de grandeur! — mais cette conquête a déjà mis dans nos mains six provinces de la Basse Cochinchine et l'excellent traité du i5 mars 1874, qui nous en assure diplomatiquement la possession. Or, si précieuse qu elle puisse et doive nous être, au triple point de vue politique, maritime et commercial, elle ne saurait avoir pour nous toute sa valeur que si nous tenons un compte sérieux de l'élément chinois qui s'y trouve déjà et doit, naturellement, y grandir sans cesse. Notre colonie, en effet, ne saurait être prospère et tranquille qu'à la condition de maintenir et de développer des relations de bon voisinage et de commerce avec la Chine, non-seulement par mer, vers Test, mais aussi, directement au nord, par le « fleuve rouge » du Tonkin et par le Li'houà du Yunn-nann,

Quand même, donc, il nous semblerait indigne de nous de vouloir profiter, comme les Russes, les Anglais, les Américains et les Allemands, des avantages incontestables et incontestés qu'oflfire la Chine à ces quatre puissances, nous ne sommes plus libres d'agir en spectateurs

Page 1