XX AVANT-PROPOS
désintéressés et indépendants. Nous sommes engagés comme les autres, ne serait-ce que par les conséquences, directes et indirectes, des trois grands faits que nous venons d'examiner.
Dans cette situation qui, loin de nous permettre de reculer, nous oblige à marcher en avant, pourquoi la Chine, considérée, par toutes les grandes puissances de TEurope et de l'Amérique, comme une véritable toison d'or, continue-t-elle à ne rencontrer en nous qu'une glaciale indiflférence, sinon un profond dédain ?
D'abord, parce que nous éprouvons la plus grande répugnance à nous expatrier, ne fut-ce que pour peu de temps. Néanmoins, ce motif ne saurait plus suflSre à expliquer notre peu de goût pour les contrées de l'Asie orientale et notamment pour la Chine; car beaucoup de nos compatriotes émigrent volontiers dans les deux Amériques. Si la Chine nous est indifférente et si nous ne nous en occupons que comme contraints et forcés, c'est que nous ne la connaissons pas, ou que nous la connaissons mal; c'est que nos idées sur ce grand peuple sont aussi fausses que préjudiciables aux intérêts respectifs des deux nations. C'est, en outre, que nous avons l'habitude de nous intéresser fort peu aux pays étrangers, à moins que les faits dont ils sont le théâtre ne nous touchent directement et immédiatement. Mais d'autres causes encore expliquent notre ignorance à l'égard de la véritable Chine. C'est le