‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 14 sur 278 · XXIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXIV AVANT-PROPOS

à rheure qu'il est, — de parler de bonne foi et de loyauté, dans les relations d'État à État! Les seuls traités bons et satisfaisants et, par suite, exécutables, sont ceux où Ton a tenu compte des intérêts des deux parties. Personne alors, ouvertement ou par des échappatoires, ne cherche à les violer. Aucune loi, divine ou humaine, ne peut imposer le respect des obligations qu'il a fallu souscrire le couteau sur la gorge. L'intérêt momentané du vaincu peut lui conseiller d'obéir à la lettre du traité, si dur qu'il soit. On ne saurait lui en demander davantage. C'est aux vainqueurs seuls qu'échoit la tâche de faire succéder un acquiescement volontaire à une obéissance forcée. Les Chinois, pas plus que nous, ne sont insensibles à une bonne argumentation, et ils discutent fort serré. Qu'on sache obtenir d'eux des engagements contractés en toute liberté, et l'on n'aura pas à craindre de les leur voir violer. Encore faut-il, pour cela, leur donner des raisons qu'ils puissent comprendre et apprécier. Il va de soi que les aperçus et les arguments tirés de nos idées, de nos mœurs et surtout de nos intérêts, doivent les toucher fort peu. Or, si l'on ne connaît rien de leur pays ni de leur langue, comment être en état de se faire comprendre d'eux et de les amener par la discussion à se rendre à nos désirs? Comment éviter les maladresses que font tant d'étrangers auprès des gouvernants de la race jaune ? Par la fermeté, — me répondra-t-on. Assurément, c'est trèssouvent le moyen le plus sûr, parfois même unique, de réussir avec les Orientaux, — et les Chinois, à cet égard, ne* font point exception. Mais, dans les affaires internationales, la fermeté ne saurait être de mise qu'autant qu'elle est à la fois le résultat d'une connaissance appro-

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