‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 15 sur 278 · AVANT-PROPOS. XXV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXV

fondie du terrain où elle doit être employée comme dernière ressource, et le point culminant d'une action que Tesprit de suite aura déterminée et graduée à l'avance. Il est naturel alors qu'elle soit tout juste le contraire de l'entêtement et des coups de tête, ces procédés usuels de l'ignorance, qui, huit fois sur dix, ne peuvent aboutir qu'à des échecs, sinon à d'épouvantables catastrophes; car leur point de départ aura été pris, et leurs conséquences, calculées à faux.

On accuse les Chinois d'être ingrats, comme si la reconnaissance était notre qualité dominante ; mais c'est encore une accusation contredite par tous ceux qui ont vécu avec eux intimement et qui n'ont aucun motif pour n'être pas impartiaux. Un de nos bons missionnaires meurt après quinze ans d'apostolat exercé dans le même district. Son esprit de charité, ses bonnes œuvres et surtout son tact excitent à la fois les regrets des chrétiens et des païens; les premiers lui font des funérailles selon notre rite, les autres poussent leur reconnaissance beaucoup plus loin; car le conseil de la commune vote que le défunt sera désormais le poussah, autrement dit le génie tutélaire de la localité. A présent encore, ils brûlent de l'encens et allument des cierges devant son image. Qu on interroge aussi tous ceux de nos compatriotes, tous les Anglais et les Américains, qui ont servi ou servent encore la Chine, dans les douanes, dans les arsenaux ou ailleurs. Elle les a tous largement récompensés, et il n'est aucun service rendu aux Chinois qui n'ait été reconnu par eux suivant son importance et son mérite.

On leur reproche encore d'être inhospitaliers, arrogants, pleins de dédain et même de haine envers les étrangers.

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