‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 18 sur 278 · XXXIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXXIV AVANT-PROPOS

de cinq francs réalisée d'un coup mais une seule fois. Combien d'articles de Paris, — pour ne parler que de ceux-là, — conviendraient aux habitants du Céleste Empire, s'ils avaient été spécialement préparés pour eux!

D'ailleurs, l'expérience a déjà prouvé que nos compatriotes peuvent réussir en Chine tout aussi bien que d'autres nations. Depuis trente ans, sur dix Français qui sont allés dans ce pays, il en est six ou sept qui, après des commencements extrêmement modiques, sont revenus chez eux avec des fortunes indépendantes* Rien ne serait plus facile que de citer leurs noms. Or, depuis la conclusion des derniers traités^ c'est-à-dire depuis 1860, nos chances de succès dans Textrême Orient ont certainement plus que doublé. Mais il faut vouloir les connaître et finir par savoir où elles sont, comment s'en servir et agir en conséquence.

Jadis, lorsqu'on abordait en Chine uniquement par Canton, et même plus tard, en 1842, quand on put y pénétrer par les quatre autres ports, Amoy, Fou-tchéou, Nïng-po et Chang-haï, le commerce étranger y avait nécessairement une organisation tout aristocratique. 11 se résumait en six, sept ou huit grandes maisons, dominées à leur tour par trois ou quatre autres, plus grandes encore, que Ton désignait par la qualification caractéristique de princières et dont la raison commerciale était Jardine Matheson et C^ Dent et C% Russell et C% etc. Ces maisons monopolisaient tour à tour, pour ainsi dire, presque la totalité des achats, des ventes, des échanges. Comme autrefois les célèbres marchands de Florence, de Gênes et de Venise, c'étaient ces maisons princières qui, par leurs rapides et hardis clippers, recueillaient seules.

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