IV AVANT-PROPOS
peut-être de ce droit et l'accomplissement le plus strict de ce devoir.
Il arrive, certes, assez souvent, qu'un homme doué d'une rare intelligence, d'une force de caractère hors ligne, — né peut-être au milieu de circonstances favorables, — réussit à se frayer, tout seul, un chemin; à se proposer un but très-élcvé et à l'atteindre; à laisser même après soi de longues traces de son utile passage sur la terre. Et ce que nous venons de dire d un homme peut s'entendre aussi d'une famille et d'un État. Mais ce sont là de bien rares exceptions. Qui sait d'ailleurs de combien cet homme, cette famille et cet État auraient dépassé la hauteur où ils se sont élevés, par leurs seules forces, s'ils avaient pu y joindre l'appui de quelques alliés? N'oublions pas non plus la fragilité des œuvres et des conquêtes qui sont dues à un effort isolé. Que le pied manque à celui qui les a faites, et, si parfois les succès qu'il a obtenus peuvent, durant quelque temps, le défendre contre l'assaut des haines qu'il a excitées, que de fois aussi tombe-t-il pour ne plus se relever!
Mais, si nous sortons de l'exception pour rentrer dans la règle, nous nous trouvons devant une vérité qui est devenue un axiome : c'est que les relations sociales pour les particuliers et les familles, les relations internationales pour les États, sont aussi une condition de leur existence et de leur grandeur. Et, comme on ne sait jamais d où viendra le péril, d'où viendra le secours, ni qui sera demain l'ami ou l'ennemi, il faut sans cesse étendre ses relations et n'en négliger aucune.
Pour réussir dans cette tâche, il faut d'abord vouloir; puis, bien connaître ceux avec qui l'on se propose de