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AVANT-PROPOS. XXXIX

jusqu'au centre même des intérêts économiques de la Chine et du Japon, c'est-à-dire jusqu'aux agriculteurs. On a noué des relations avec eux, on leur a donné des habitudes, on a éveillé en eux des goûts et des sympathies qu'aucun gouvernement ni cabale indigènes ne pourront plus détruire. N'est-il pas alors évident que le succès, sur cette route nouvelle, appartiendra à tous ceux qui, connaissant mieux la Chine et sa langue usuelle, n'auront plus besoin de recourir à ces intermédiaires. Cantonnais ou autres, dont la seule apparition d'ailleurs, dans l'intérieur de la véritable Chine, fait fuir les populations laborieuses et fermer à triple serrure les coffres et les maisons ?

Ce n'est pas tout encore. Il est de mode d'accuser le gouvernement chinois d'être plus stationnaire, plus opposé au moindre semblant de progrès qu'aucun autre gouvernement du monde. Cela se dit, cela s'écrit et chacun le répète. Rien de plus naturel. Les étrangers qui se rendent en Chine n'y vont guère que pour y faire fortune, n'importe comment, et aussi rapidement que possible. D'un autre côté, les éléments qui, aux yeux de bien des gens, constituent ce que l'on appelle aujourd'hui le progrès, ce sont la navigation à vapeur, l'exploitation des mines, les chemins de fer et la télégraphie. Si le gouvernement chinois, disent-ils, était libéral et progressiste, il se hâterait de déclarer toute la Chine ouverte.

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il la couvrirait de voies ferrées, et mettrait en communication télégraphique toutes les villes et tous les villages, et en exploitation toutes les mines de Tempire, Il est bien entendu que pas une de ces belles améliorations ne se ferait sans Tintermédiaire des capitaux et de la science industrielle des étrangers, qui s'ouvriraient ainsi une nouvelle ère de fortunes colossales. Mais le cabinet de Pékin ne se prête pas à ces projets, du moins pour le moment. Les raisons de cet ajournement peuvent être mauvaises ou bonnes. 11 en est, et il en doit être le seul juge. En attendant, il est condamné par les appétits qui slmpatientent.

Qu'on né s'y trompe pas cependant. La Chine marche; car un tel colosse, ébranlé tout à coup^ jusque dans ses plus profondes assises, par trois guerres avec les étrangers et par un contact immédiat de plus de trente années avec ses vainqueurs, ne peut s'arrêter sur la pente où il a été si violemment poussé. La Chine marche, et peut-être même plus vite qu'il ne conviendrait pour les intérêts exclusifs de r Occident. Au sein des sociétés foncièrement démocratiques et fortement centralisées comme la Chine, tout dépend de la valeur personnelle du chef de l'État, s'il représente fidèlement les sentiments et les aspirations de la nation qu'il gouverne. Oui, malgré tant de malheurs subis et de fautes commises, la Chine marche. Seulement, — et cette restriction est heureuse pour elle, — la pente où elle se trouve depuis quatorze ans est assez douce pour correspondre à la fois au génie, aux habitudes et aux intérêts du pays. La Chine sait, en effet, que le progrès véritable consiste, non dans des innovations presque toujours dangereuses, quand elles ne sont pas stériles.

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mais dans le développement, régulier et incessant, des résultats déjà obtenus. Bien que trop lents peut-être et même nuls en apparence, les progrès des Chinois n'en sont pas moins réels pour tout observateur sérieux. Il est vrai que, le principal danger à leurs yeux semblant exister du côté de la mer," ils se sont occupés d'abord à se créer une flotte à vapeur et à mettre quelques villes de leurs côtes à Tabri d un coup de main. Qui pourrait leur en faire un crime? Bien des étrangers, d'ailleurs, et même un grand nombre de nos nationaux, ont été appelés à prendre part à ces constructions et à ces défenses, et y ont réalisé de larges bénéfices. Il suffit de citer, entre autres noms, ceux de MM. Gicquel et d'Aiguebelle, pour faire voir ce que la connaissance pratique de la Chine et de la langue chinoise peut produire à la fois dlionorable et d utile. Du même coup^ le pays où ils sont nés, celui qu'ils ont servi et enfin leur intérêt propre se sont trouvés satisfaits. D'autres progrès s'accompliront à leur tour et en leur temps. Un Anglais, paraît-il, a obtenu la concession de mines d'excellent charbon qui se trouvent aux environs de Pékin et de Tienn-tsinn et dont l'exploitation va enfin donner une nouvelle vie aux abords de l'embouchure du Peï'ho. Or, en Chine comme ailleurs, c'est toujours le premier pas qui coûte. Le tour des chemins de fer viendra donc tôt ou tard (i). On annonce, en outre, la conclusion d'un emprunt chinois sur le marché de Londres. Autant de signes infaillibles de ce qui va suivre.

(i) Il paraît qu*une Compagnie anglaise va commencer les études d*ùn chemin de fer de quelques kilomètres, pour relier Chang- Haï à un village situé au confluent de la rivière Ou-Song et du grand fleuve Yang-tseu. Nul doute que ce chemin ne soit le précurseur d'un grand nombre de travaux du même genre.

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Déjà même, à Theure qu'il est, bien des vice-rois, bien des gouverneurs de provinces ou intendants de cercles, ne demanderaient probablement pas mieux que d'avoir, sous la main ou à leur service, des étrangers dont ils pourraient tirer parti à leur façon et dans leur intérêt exclusif. Le difficile c'est d'en trouver dont Tintelligence et le caractère s'adaptent convenablement à ce rôle qui^ à tous les titres, peut être fort avantageux aux deux parties. Le baron de Méritens, jadis un de nos agents officiels, plus tard commissaire des douanes à Fou-tchéou pendant dix années, s'est acquitté à merveille de ces dernières fonctions, comme serviteur de la Chine et comme Français. Il est à croire que ses propres intérêts n'en ont pas souffert. Toutefois, comme ces commissaires dépendent d une administration dont la direction est à Pékin, la manière dont parfois ils remplissent leur tâche, souvent très-délicate^ laisse fort à désirer, au triple point de vue des intérêts provinciaux, locaux et personnels. C est une lacune. Il pourrait y avoir grand profit pour quiconque voudrait et saurait la combler.

On voit par ce qui précède qu'à aucun point de vue, les perspectives d'avenir ne manquent en Chine. Ce sont les sujets qui manquent aux situations, pour les mettre en évidence, en les faisant valoir. Faute d'aptitudes d abord, et ensuite de volonté, on retarde l'heure où doit s ouvrir en Chine une ère d'activité générale, sinon de prospérité assurée et féconde. A quoi cela tient-il? Toujours et partout aux mêmes causes : à l'ignorance; aux préjugés, à l'apathie et à la routine. Telle chose ayant duré vingt ou trente ans, il faut qu'elle dure toujours. On accuse les

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Chinois d'être stationnaires et on ne s'aperçoit pas que, sous bien des rapports, on Test soi-même davantage. Parce que les Anglo-Saxons dominaient jadis en Chine le commerce étranger, on ne veut pas, aujourd'hui, se rendre à l'évidence et reconnaître que, depuis les derniers traités, ce sont les Chinois qui, à leur tour, dominent leurs anciens dominateurs. Il résulte de ce nouvel état de choses que, pour des esprits jeunes, entreprenants et sagement ambitieux, les conditions de réussite en Chine ont changé du tout au tout. Ce que, désormais, ils doivent se proposer, c'est de s'assimiler, autant que possible, les idées et les sentiments des indigènes; car c'est désormais avec eux, par eux et auprès d'eux que l'on peut le plus sûrement réussir. Cette nécessité d'assimilation peut être pénible à la fierté de l'Occident et à la supériorité qu'il s'attribue; mais il faut la subir, ne serait-ce que passagèrement; c'est la première condition du succès. La seconde, — et elle se rattache à l'autre, — c'est d'acquérir les qualités sans lesquelles toute assimilation est impossible.

Pour tirer parti, soit du pays où l'on va, soit du pays où l'on est, il faut absolument le connaître. Se figure-t-on, par exemple, un Anglais arrivant chez nous, sans capitaux ni recommandations, ne connaissant rien de notre langue, de notre histoire, de nos idées, nous trouvant grotesques, nos coutumes ridicules, et, avec cette belle préparation.

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prétendant faire fortune en France, s'il est commerçant, nous convertir s'il est missionnaire, ou, mieux encore, influencer notre politique, s'il est homme d'état> diplomate ou simplement consul. Eh bien, cette énorme absurdité, les étrangers la commettent en Chine tous les jours et en toutes choses, depuis de longues années. Et nous nous étonnons qu'à part les brèches faites par nous en Chine à coups de canons, nous ayons encore si peu réussi à rapprocher les daix races et les deux civilisations!

Pour arriver à connaître en peu de temps un pays, deux conditions sont nécessaires. 11 faut d'abord en estimer assez les habitants pour vivre au milieu d'eux, non pas d'une existence à soi, mais de leur propre vie ; par là seulement on obtient leur confiance, on leur devient même nécessaire, et l'on finit par les faire coopérer, volontairement ou involontairement, à sa propre fortune. Il faut ensuite apprendre la langue du pays et arriver à la bien connaître. Voilà, en y ajoutant une bonne conduite, le véritable secret de réussir en pays étranger. Il n'y en a pas d'autre. Mais, nous objectera-t-on, nous ne voulons pas nous expatrier, et la Chine est encore le pays qui nous attire le moins. Objection de sentiment qui demeure sans force, non-seulement devant les considérations politiques, mais encore et surtout devant la nécessité des choses. Que de révolutions, en effet, que de catastrophes nous seraient épargnées, si le goût des lointaines aventures entrait davantage dans nos ambitions de jeunesse, dans nos calculs de pères de famille, dans les sollicitudes de nos législateurs et de nos hommes d'état ( i ) !

(i) Ceux qui s*intéressent à ces questions trouveront amplement de quoi

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Et, d'autre part, en ce qui touche la Chine, nous n*avons plus à consulter nos goûts et nos répugnances. Le passé nous engage; il s'agit de nous défendre et de ne plus perdre de terrain. Ce but modeste, mais impérieux, nous fait une loi de connaître la Chine et de nous y mettre en rapport avec ceux qui^ directement ou indirectement, peuvent nous servir ou nous combattre.

Tout se réduit d'abord, on le voit> à étudier sérieusement et pratiquement la langue chinoise; et, si les considérations qui précèdent ont quelque valeur, il ne serait pas moins imprudent pour nous de négliger l'étude de cette langue, que de négliger aucun des idiomes qui répondent aux cinq ou six grandes existences politiques et conunerciales du monde.

Sans doute, il peut arriver, — sir Stratford Canning {lord Stratford de Redcliffe) en est un éclatant exemple, — qu'un agent diplomatique rende de grands services à son pays, sans précisément connaître la langue de la nation au milieu de laquelle il vit et agit. Sir Stratford a pu compenser le désavantage de cette lacune par une longue expérience acquise durant toute une carrière, parcourue de grade en grade, sur les lieux mêmes et sans interruption. Mais de telles exceptions sont rares. Aujourd'hui, d'ailleurs, les rapports internationaux ne sont plus les mêmes. Jadis, les cabinets décidaient seuls des destinées des peuples. Il suffisait aux agents diplomatiques ou consulaires, comme aux négociants, de vivre, d'observer et d'agir au milieu d'un cercle restreint, dont la cour était le centre, et

les élucider en consultant Tadmirable et patriotique étude : t Avenir du commerce extérieur de la France, publiée par M. René MiUet dans la Revue des Deux»Mondes, du i«' septembre 1875.

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la haute société,la circonférence. Tout le monde y parlant français, nous pouvions nous dispenser d'étudier aucune autre langue; bien que, même alors, il eût été plus sûr de contrôler par nous-mêmes la valeur exacte de ce que les étrangers voulaient bien nous dire en français. Aujourd'hui, on n'en est plus là. Dès 1862, chez ce peuple chinois que nous méprisons tant, l'absolue nécessité de savoir les langues étrangères, notamment le français, l'anglais et le russe, était reconnue. L'année suivante, on créait à Pékin une école où ces langues étaient enseignées; et, en 1871, nous pouvions admirer la facilité avec laquelle un des élèves de cette école, llnterprète de l'ambassadeur Tch'ong {Héou), parlait et écrivait notre langue.

Or, s'il •nous est absolument nécessaire de posséder les langues qui se parlent en Europe, dans l'Asie occidentale et les deux Amériques, dont les diverses nations ont avec nous tant de points de ressemblance, combien plus encore il nous est urgent de savoir l'idiome de ce vaste pays où tout est diamétralement opposé à ce qui existe chez nous, langue, religion, idées, mœurs, coutumes, éducation, tout ce qui constitue, en un mot, dans son ensemble et ses détails, la civilisation d'une grande société humaine!

Nous pourrions montrer par de nombreux exemples ce que coûte l'ignorance en matière de langue et de pays; mais pourquoi raviver des blessures qui appartiennent au passé, bien que le présent en pâtisse encore et que l'avenir doive peut-être en souffrir aussi. Bornons-nous donc à citer un fait, tiré de l'histoire diplomatique de l'Angleterre. Quiconque est un peu au courant des affaires de la Chine sait que la prise de Canton, en 1857,

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par les marins français et anglais, a eu pour cause déterminante rignominieuse exclusion des étrangers de la ville murée de ce port. Cette exclusion était devenue comme un cri de ralliement, comme un brandon de haine pour tous ceux d'entre les Chinois que leurs mtérêts ou leurs passions poussaient à tout mettre en œuvre pour retourner à l'état de choses qui avait précédé les premiers traités. Assurément, cette conduite était aussi inique à Tégard des étrangers que préjudiciable aux véritables intérêts de la Chine. Même comme expédient, c'était une mesure inepte, puisque les quatre autres villes murées restaient ouvertes à tout le monde. Il n'en est pas moins vrai qu au point de vue strictement légal les Chinois avaient le droit de nous exclure de ces cinq villes, et les étrangers le tort d'en exiger l'ouverture. Pourquoi?

C'est que le texte chinois des traités conclus en 1842 et en 1844 ^^ stipulait nullement l'ouverture des villes, c'est-à-dire des cités entourées de murailles, comme le sont toutes les villes de Chine, mais seulement des ports et marchés qui dépendent des cinq villes nommées dans les conventions. La responsabilité de cette erreur incombe assurément d'autant plus aux interprètes de sir Henry Pottinger, de M. Caleb Cushing et de M. de Lagrené^ que le texte anglais rédigé par le premier dit expressément : « at the cities and towns, dans les cités et les villes, d Si sir Henry avait su la langue chinoise, ou du moins s'il avait connu les fonctionnaires chinois en 1842, aussi bien que le général Ignatieff les connaissait en 1860, et comme il est encore plus nécessaire aujourd'hui de les connaître, avec leurs qualités et leurs défauts^ cette erreur n'eût jamais été commise. Sir Henry avait eu le tort, en outre.

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de prendre pour interprètes des missionnaires, dont l'oflBce n'est assurément ni d'étudier les affaires internationales ni de rédiger des traités. Cette erreur, néanmoins, a servi de prétexte fort plausible aux Cantonnais et à leurs amis de la cour de Pékin pour détruire, peu à peu et en détail, tout l'ensemble des avantages conquis sur la Chine par la première guerre des Anglais et pour rendre une deuxième lutte avec eux absolument nécessaire et inévitable.

Cela nous amène à examiner à quel point le système de truchement qui continue d'être pratiqué sur une large échelle dans FOrient et dans Textrême Orient, par les grandes puissances de TOccident, répond encore aux besoins en vue desquels il avait été créé. Que l'on interroge à cet égard et ceux qui ont dû subir l'inconcevable ennui de se servir d'interprètes et ceux que leur mauvaise destinée a condamnés à être employés comme tels. Nul doute que les uns et les autres ne réprouvent impitoyablement ce système. Pourquoi? Parce que, sauf certains cas exceptionnels, deux hommes ne peuvent s'identifier tellement l'un avec l'autre que la pensée de l'un et la parole de l'autre deviennent une seule et même chose. Et si cette identification n'a pas lieu, le résultat de l'interprétation sera toujours ce que les Italiens appellent si bien traduttore, traditore. Ou l'interprète est au-dessous de sa tâche, et alors, tôt ou tard, il compromettra en même temps les affaires pour lesquelles on l'emploie et celui qui est chargé de les traiter, ou il est à la hauteur de ses très difficiles fonctions, et alors il tendra, sans même le vouloir ni s'en douter^ à se substituer au fonctionnaire qui se sert de lui; car le savoir a

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horreur de Tignorance, comme la nature, dans Tancienne physique, avait horreur du vide. On devine sans peine de quelle aménité doivent s empreindre, à la longue, les rapports entre de tels agents et comme la conduite des affaires doit y gagner!

Mais quand même on en pourrait user ainsi avec les langues à flexions, qui, malgré leurs différences propres, n'en sont pas moins formées d'après le même principe que la nôtre, l'emploi de cette méthode devient presque inapplicable à un idiome comme le chinois, où les flexions n'existent pas, et où le même son devient tour à tour idée, syllabe, particule de liaison ou de rapport, voire un simple moyen de ponctuation. Tout interprète qui, choisi comme intermédiaire entre un Anglais et un indigène, se bornerait à traduire en chinois les paroles de l'interlocuteur européen, ne réussirait qu'à présenter un imbroglio où, sur dix idées, il n'y en aurait pas deux qui fussent identiques au texte original. L'exemple serait encore plus décisif s'il s'appliquait à un Français. Quant aux nuances des idées, qui ont une si grande importance' dans la langue diplomatique, on peut d'avance les rayer du dictionnaire des possibilités. Elles sont intraduisibles, littéralement.

L'histoire explique ce fait. Que la race humaine remonte ou non à une même origine, il est certain que, de bonne heure^ elle se divisa au moins en deux courants qui se dirigèrent probablement en deux sens diamétralement opposés. L'un, celui de la race jaune^ se sera formé tout seul, sans rien recevoir de l'autre, et il a continué à se développer séparément. Or, comme ce travail isolé dure déjà depuis plus de vingt, trente, ou quarante siècles, il est tout simple que, sauf les notions générales inhérentes à toute

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