Expliquez la loi, pour avertir Tignorance
9. Rendez intelligibles les convenances, pour améliorer les mœurs.
10. Adonnez- vous aux occupations essentielles pour afifermir le bon sens dans les populations.
1 1 . Instruisez la jeunesse, pour Tempêcher de se dévoyer.
12. Désistez- vous des délations, pour sauvegarder les innocents.
i3. Gardez- vous bien d'abriter les fugitifs, pour éviter d'être compromis par eux .
14. Acquittez les impôts pour prévenir leur aggravation par les poursuites.
i5. Prêtez la main à la police pour extirper le brigandage.
16. Dissipez les animosités, pour donner le poids qui convient à la vie humaine.
Encore un mot et nous avons fini. Le principal but de cet ouvrage, c'est de réunir en un tout relativement restreint, ce que doit savoir strictement et absolument, quiconque se propose d'aller en Chine pour tenter d'y faire fortune. Mais un tel Vademecum ne saurait être de courte haleine. Déjà près de quatre années se sont écoulées depuis le jour où nous avons jugé nécessaire d'y mettre la main, et c'est à grand'peine que nous avons pu réussir à publier ce premier volume. Aussi, ne serait-il pas impossible que bien d'autres années s'écoulassent avant que d'autres volumes l'aient suivi. En attendant, et grâce à l'appui que nous avons trouvé, grâce surtout à la bonne volonté de nos élèves, notre enseignement produit des résultats d'une évidente eflScacité. Cependant les jeunes gens qui partent pour la Chine courraient le risque de perdre le fruit de leur premier et pénible labeur, s'ils ne pouvaient emporter avec eux quelques outils intellectuels qui leur permissent au moins de poursuivre avec
succès, sur les lieux mêmes, la dîflScile étude si bien commencée par eux à notre école. Il est donc naturel qu'ayant été leur professeur à Paris et leur prédécesseur en Chine, comme agent diplomatique, nous leur indiquions les ouvrages qui, dès ce moment, leur sont, à notre avis, absolument nécessaires ou seulement utiles. En voici la liste.
Nous n'avons, par malheur, aucun dictionnaire chinois-français à leur recommander. Il n'en existe d'ailleurs qu'un seul, celui du Père Basile, édité par de Guignes. Tolérable peut-être pour l'étude du chinois d'amateur, il est absolument insuffisant pour le chinois pratique, celui des affaires; car les, expressions combinées et composées y font presque complètement défaut, et celles, en très-petit nombre, qui s'y trouvent n'y sont données qu'en lettres latines, ce qui réduit leur utilité à néant. Ce dictionnaire est d'ailleurs tellement volumineux qu'on a matériellement de la peine à s'en servir. Introuvable en outre et par suite fort cher, il ne saurait plus avoir que la valeur d'un simple cadre pour qui oserait tenter de le mettre au niveau des nécessités actuelles. Aussi, ceux qui se rendent maintenant en Chine n'ont que deux partis à prendre. S'ils ont l'avantage de savoir l'anglais, ils feront bien de se pourvoir, le plus tôt possible, du dictionnaire publié en 1874 à Chang-Haï, par l'éminent sinologue américain S. Wells Williams. Cette œuvre aussi belle qu'utile prend pour point de départ le système tonique ou syllabique, méthode gênante pour qui n'est pas bien au courant des bizarreries de la prononciation anglaise. Mais des tables de renvoi, placées à la fin du volume et conçues d'après le système des 214 clefs, réparent ce qu'il y a de fâcheusement spécial dans l'emploi de l'alphabet anglais compliqué des quatre ions chinois de Pékin.
Ceux qui ne sauraient pas l'anglais, mais qui n ont pas oublié le latin, peuvent, après quelques semaines d'exercice, se servir utilement du Dictionnaire chinois portugais du Père Gonçalves. Malheureusement, il est devenu fort rare. M. J. Callery avait commencé un dictionnaire qui, à en juger par le premier fascicule, eût été la gloire de la sinologie française. Mais, on le sait de reste, rien n'est plus difficile en ce monde que de rendre un vrai
service. Donc, c'e5t une œuvre à recommencer ou seulement peut-être à continuer. Il est vrai qu'il faut satisfaire à tant de conditions pour être en mesure de la mener à bonne fin !
Le Dictionnaire franco-chinois de Tabbé Pemy est le seul de ce genre que nous ayons. Il est donc indispensable à qui se rend en Chine. L'Appendice qui y est joint et qui forme un deuxième volume contient des informations précieuses que, peut-être, on chercherait vainement, même en compulsant maints et maints ouvrages.
Quant au choix d'une grammaire, supposé qu'il en faille absolument une, nous recommanderons les Éléments de la Grammaire chinoise par Abel Rémusat, et la Grammaire de la langue chinoise^ par Paul Pemy. Mais nous signalerons surtout le premier volume de la Syntaxe Nouvelle de feu Stanislas Julien. C'est un livre qui ne devrait jamais sortir des mains d'aucun sinologue sérieux.
Comme texte appartenant au style élevé, le Li-ki ou le Mémo* rial des Rites, avec sa traduction, — une merveille, — par J . Callery, suffira amplement. On peut y ajouter, comme texte facile de langue parlée, le roman P'ïng chann-lëng-yenn, ou Les deux jeunes filles lettrées, par Stanislas Julien. Ceux qui savent l'anglais feront bien d'acheter, s'ils peuvent la trouver, la Chrestomathie de Bridgmann; ainsi que le Documentary Séries de sir Thomas Wade, y compris, bien entendu, ce qu'il appelle -fiTe/, c'est-à-dire la traduction et les notes.
Pour se bien renseigner au sujet des Choses de la Chine, il faut étudier : Chine, par G. Pauthier; Chine moderne, par le même et par A. Bazin ; VEmpire du milieu, par le marquis de Courcy ; Recherches sur V Agriculture et V Horticulture des Chinois, par le marquis d'Hervey Saint- Denys; et enfin, le Christianisme en Chine, par l'abbé Hue; — ouvrages excellents à bien des titres, chacun dans son genre, sauf quelques erreurs inévitables chez ceux qui n'ont pas été en Chine, ou qui, ayant été dans ce pays, ne l'ont étudié qu'en passant. Enfin, l'ouvrage en deux volumes, de S. Wells Williams, The middle Kingdom, vaut certainement, autant pour les Choses de la Chine, que le premier
CLEF DE LA PARTIE CHINOLSE. g3
volume de la Syntaxe nouvelle de Stanislas Julien, pour la Langue chinoise.