‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 5 sur 278 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

sur des lois, des idées et des mœurs plus démocratiques que chez aucun autre peuple. A première vue, Tadministration chinoise paraît^ comme chez nous, centralisée à l'extrême. Et cependant, — chose merveilleuse! — en Angleterre même, les communes et les municipalités ne jouissent pas de plus de droits et de privilèges que celles du pays des Hann, — tant la tradition et l'indépendance de caractère, en Chine, se maintiennent vivaces, malgré le sentiment profondément unitaire et égalitaire de la nation.

Le code chinois, œuvre admirable d'une longue suite de sages, se transmet d'une dynastie à l'autre, chacune y ajoutant, avec un nom nouveau qu'elle lui donne, ce que lui suggèrent les leçons immédiates de lexpérience. Que Ton nous cite un autre peuple dont les codes aient, depuis plus de vingt siècles, pour un de leurs premiers articles de loi, cette disposition si juste et si féconde, « que « le mérite seul, constaté par des examens publics, donne « droit à toute fonction publique. » Quelle est la nation dont le souverain peut être publiquement réprimandé par un certain nombre de ses sujets et porte lui-même cette réprimande, comme pour en faire juger le bien ou le mal fondé, à la connaissance des millions d'hommes qu'il est censé gouverner en maître absolu? Inutile de parler de leur langue, foyer de civilisation pour tant d'êtres humains; de leur littérature, dont les richesses sont à peine soupçonnées en Europe; de leur histoire, où l'on trouve notés, dans un ordre parfait et avec une clarté surprenante, les moindres gestes de tous leurs souverains, hommes d'État, grands capitaines, sages, savants, et jusqu'aux actions des femmes célèbres qui

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