XIV AVANT-PROPOS
sympathies. Que Yakoub-Beg, en offrant un centre^ dans ces contrées, à toutes les forces encore vivantes de l'Islamisme, réussisse enfin à s'affermir, ses amis de Calcutta auront en lui un levier tout prêt pour faire, simultanément^ échec aux maîtres de Tachkend, de Khiva et de Merv, et aux propriétaires, quels qu'ils soient, du bassin du Yang-tseu.
Du côté du nord, c'est la Russie, silencieuse comme le destin, qui fascine, étreint et entame le vieux colosse. Déroulant depuis tantôt deux siècles^ sans jamais s'arrêter, le fil de sa politique étrangère, Theureux empire des Tsars est déjà maître de la plus importante partie des deux rives du fleuve Amour. Depuis quinze années, il colonise et fortifie, au nord-est de la Chine, dans le voisinage immédiat du Japon et de la Corée, deux provinces maritimes qui, avant 1860, faisaient partie du patrimoine même des empereurs tatars-mantchoux. Cette conquête, due exclusivement à Thabileté diplomatique du général Ignatieff, et rattachée, dès 1873, à Chang-Haï et, par suite, à toute la côte chinoise, par une ligne de bateaux à vapeur qui s'y rendent de Nicolaïesk, {embouchure de r Amour), par Vladivostock, {baie d'Anville) et par Nagasaki, a une valeur d'autant plus considérable que ses havres du sud sont réputés navigables durant toute Tannée. L' île de Saghalien, dont le Japon vient de céder la moitié méridionale à la Russie, en échange des îles Kuriles, et dont le sol est si riche en charbons, complète cette annexe territoriale et fait de la Russie, dans ces lointains, parages comme ailleurs, une puissance prépondérante.
Le commerce russe ne se contente pas non plus de