PÈRE
Cet état de choses dut subsister au moins jusqu'à la fin de la République, et c’est seulement dans les œuvres des jurisconsultes de l'Empire que l'on trouve écrite la prohibition de mariage entre alliés en ligne directe. Gaius la mentionne en un passage que devait plus tard paraphraser Justinien dans ses Instilutes ; Paul et Ulpien la répètent à peu près dans les mêmes termes ({}. Ces textes défendent seulement d'épouser socrum, nurum, novercam, privignam ; mais un autre texte de Paul, inséré au Digeste, explique qu’il faut entendre par là tous les alliés en ligne directe, in infinitum : « Socrus appellatione non tantum uxoris meæ mater, sed et avia et proavia intelligitur ut nullam earum ducere possim, nurus quoque appellatione non tantum filiiuxor, sed et neptis et pronepis continetur: licet quidam has pronurus appellant. Privigna quoque non solum ea mihi intelligitur, quæ uxoris meæ filia est, sed et neptis et proneptis : ut nullam earum ducere possim (2). »
On trouve encore l’'empêchement d’affinité en ligne directe rappelé dans d’autres dispositions législatives, notamment sous Dioclétien et Maximien (3). Mais la prohibition ne fut pas toujours observée. Ainsi Caracalla ne craignit pas d’épouser Julie, la seconde femme de son père l’empereur Sévère, celle-là même dont il avait fait assassiner le fils Géta (1).
l'empêchement d’aflinité est devenu un empêchement juridique. V. notamment : Dig., 1. 4, $ 7, De grad. el adfin., xxxvirr, 10,
(1) Gaïus, 1, $ 63et 64; Paul, «1, 19, $5 ; Ulpien, Reg, v, 6-7 ; Instit., liv. 1, tit. 10, De nupt., S 6.
(2) Dig., 1.14, 8 4, De rit. nupt., xxnr, 2.
(3) Cod., I. 17, De nuptiis, v, 4.
(4) Voici comment Spartien raconte ce mariage: « Interest scire quemadmodum novercam suam Juliam uxorem duxisse dicatur.Quæ quum
Le motif qu'invoquent toujours les jurisconsultes ro- | mains pour légitimer l’'empêchement de mariage entre alliés en ligne directe est celui d'une assimilation à la parenté, quod affinitatis causa parentum liberorumque loco habentur(1). Cicéron, d’ailleurs, et Spartien n'emploient-ils pas le mot mater comme synonyme de noverca (2) ?