DU TROUSSEAU
« On appelle vulgairement trousseau, nous dit Boucher d'Argis, loc. cit., les robes, fiabits, linges, hardes y bijoux j bagues, joyaux et autres nipes^ que la femme apporte avec elle en se mariant ».
Dans quelques-unes des provinces de droit écrit, la femme, à la condition de survivre à son mari, avait sur certaines des parties de ce trousseau un droit de propriété non réversible aux enfants ; elle le perdait, si elle venait à se remarier.
C'est ainsi que la coutume de Bordeaux lui accordait les bagues que le mari venait à lui < bailler arnnt les noces et huitjouy^s après. >
Dans la province de Roussillon, c'étaient la bague nuptiale et les objets usuels qui lui étaient accordés par l'usage et la jurisprudence.
Dans FAlsace, le survivant des conjoints reprenait, avant tout partage, ses habits, bardes, linges et joyaux, mais les héritiers du prédécédé faisaient de leur côté la même chose.
En Provence, dans le Dauphiné et la Bresse, on stipulait assez fréquemment au profit du survivant, des
équipages, et pour la femme un ameublement suivant sa condition. Cet ameublement était souvent appelé « chambre garnie » ou « chambre tapissée. >