CHAP. III. — EXAMEN DE LA PROPOS. DE M. DELSOL
Il était légitime dans ces conditions de lui accorder une pension alimentaire.
Cette mesure s'imposait d'autant plus, que la jurisprudence et les auteurs sont presque unanimes à décider que des aliments sont dus même à Tépoux contre lequel la séparation de corps a été prononcée. Gomment admettre que Tépoux séparé ait droit à des aliments qui, une fois fixés, seront exigibles même contre la succession du conjoint prédécédé, tout au moins pour celui qui a obtenu la séparation de corps, tandis que le survivant, qui a passé sa vie tout entière entouré de l'affection de son conjoint, n'aurait aucun droit contre cette même succession ?
C'est à la succession que sera réclamée la pension alimentaire, pour ne pas contraindre l'époux survivant à la dure nécessité de la demander à ses enfants, s'il en a. Et c'est à l'ouverture de cette succession ou dans un délai très court que cette pension devra être demandée, liquidée et fixée d'une façon invariable, pour éviter des procès et les ennuis que des réclamations tardives pourraient susciter.