V. — PRUDENCE ET DÉCISION
Les gouvernants sont tenus de réunir deux qualités assez difficilement conciliables, la prudence et la décision. La prudence, une extrême prudence est nécessaire à des hommes qui portent la responsabilité des plus graves intérêts. Une mesure hâtive, irréfléchie, peut avoir, dans un avenir immédiat ou lointain, des conséquences incalculables. Et pourtant, non moins nécessaire est la décision. Se déterminera propos, clore une délibération où les avis les plus éclairés se sont librement produits, imposer au besoin sa volonté, ne pas vaciller dans ses résolutions, ne pas donner le déplorable spectacle de rapporter le lendemain l'arrêté signé de la veille, voilà ce qui caractérise essentiellement rhomme d'État.