NOTIONS SUR LE DROIT DES GENS
Une nation, nous l'avons dit, est une personne morale. Comme telle, elle a des devoirs et elle a des droits.
Ces droits et ces devoirs résultent des rapports qui unissent les nations entre elles. La partie de la morale qui les constate et les- détermine s'appelle le droit des gens (le mot gens est pris ici dans une acception spéjciale : c'est le mot latin gens, qui veut dire nation).
Une nation a ses intérêts légitimes, matériels et moraux, qu'elle aie droit et le devoir de sauvegarder et de développer. Les intérêts matériels sont ceux du commerce, de l'agriculture, de l'industrie; les intérêts moraux sont ceux qui se rattachent à l'influence qu'une
nation bien gouvernée ne peut manquer d'exercer par son exemple, et au besoin par ses conseils.
Une nation a de plus une sorte de propriété collective qui est son territoire, auquel il convient d'ajouter cette portion du capital qu'elle immobilise pour sa sécurité et sa défense : ports militaires, forteresses, arsenaux, vaisseaux de guerre, etc. Son droit et son devoir est de maintenir intact cette propriété, qui n'est pas moins nécessaire à son existence que la propriété privée ne l'est à celle du citoyen.
Enfin, comme toute personne morale, une nation a son honneur, sa dignité, et il est de son droit comme de son devoir de n'y laisser porter aucune atteinte.
Ce qui précède permet de se rendre compte des obligations réciproques qui s'imposent aux nations.
La situation normale des nations les unes à l'égard des autres, c'est l'état de paix. L'état de guerre est exceptionnel et modifie assez profondément les règles du droit des gens.