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I. — l'hygiène et la morale

Nous avons dit comment il est possible que Thomme ait des devoirs envers lui-même. Être libre, il peut orienter sa conduite comme il lui plaît, vers le bien ou vers le mal, imprimer telle ou telle direction à ses facultés.

Le premier devoir de l'homme envers lui-même est de se conserver. Il doit vivre, parce que la vie est la première condition du devoir, à moins qu'un devoir supérieur ne lui commande d'en faire le sacrifice : tel

est, par exemple, le cas du soldat en présence de Tennemi.

Se conserver, c'est donner à son corps la nourriture suffisante, ne pas l'affaiblir ou le mutiler volontairement, éviter les causes de destruction et de maladie, se soigner quand on est malade. Le meilleur moyen d'entretenir la santé est d'observer les règles de l'hygiène. L'hygiène devient ainsi, comme le pensaient quelques anciens, une partie de la morale. Tout homme doit acquérir une connaissance au moins élémentaire de ses préceptes, et les appliquer rigoureusement.

Un exercice modéré du corps, la promenade, la gymnastique, sont parmi les moyens les plus efficaces de conserver le corps sain et de le rendre vigoureux. Les anciens donnaient à la gymnastique, dans l'éducation, une importance qu'elle a malheureusement perdue de nos jours. Ils avaient compris que la vigueur physique est une condition de courage, qu'une intelligence lucide et prompte, une volonté énergique, une humeur enjouée, bienveillante, une disposition générale à regarder la vie comme un bien, et à remplir allègrement toutes les obligations qu'elle impose, sont en grande partie la conséquence du bon état des organes. Une âme saine dans un corps sain, fut un de leurs dictons.

Ajoutons la vieillesse affranchie d'infirmités, capable de continuer les occupations et les devoirs de l'âge mûr, l'homme plus longtemps utile à lui-même et aux autres, la famille conservant, malgré les ans, un protecteur efficace, l'État, un bon citoyen; l'exemple salutaire

d'une belle vie supportant sans fléchir le poids de près d'un siècle ; — et l'on reconnaîtra que l'hygiène et la gymnastique, pratiquées avec méthode et persévérance, deviennent quelque chose comme des vertus.

L'homme devra donc éviter les excès de travail, les veilles, qui compromettent la santé ; un travail modéré, s'il est régulièrement fait chaque jour, est plus efficace et vient plus sûrement à bout des tâches les plus lourdes. A notre époque, beaucpup de gens, emportés par une activité fiévreuse, une ambition maladive, veulent faire tenir en quelques années des travaux qui demanderaient toute une vie. Ils manquent gravement au devoir de conservation personnelle. Ils risquent d'épuiser sans ressource des facultés surmenées, de ruiner pour toujours l'instrument matériel de l'intelligence, de mourir au moment même de toucher le but.

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