RoussEA , Julie
MORALE PRATIQDE.
RÉSUME
I. — Le premier devoir de l'homme envers lui-même est de se conserver par la pratique de toutes les règles de V hygiène, dont l'observation devient ainsi une des prescriptions de la morale.
Il convient de revenir aux habitudes des anciens, qui accordaient une grande importance aux exercices du corps. La santé du corps influe puissamment sur celle de l'âme.
Un travail modéré mais régulier vaut mieux, au point de vue de la santé et des résultats, qu'une activité fiévreuse et surmenée, qui, dans un bref délai, aboutit à l'impuissance.
II. — Vascétisme est louable quand, sans compromettre la santé et l'intégrité de la vie physique, il se propose de fortifier la volonté et de combattre les passions. Dans tous les autres cas, il est coupable et extravagant.
III. — Le devoir de conservation personnelle est la condamnation directe du suicide. Nous n'avons pas le droit de déserter le poste où la loi morale nous a placés.
Ceux qui se sont donné la mort parce qu'ils ont cru ne plus pouvoir supporter le poids de leurs malheurs sont dignes de pitié ; mais on ne peut les approuver. Ils ont manqué de courage. D'ailleurs il est bien rare que l'homme se trouve dans une situation telle qu'elle
ne laisse place à aucune espérance. Enfin un dernier devoir reste toujours à remplir : celui qui consiste à donner l'exemple de la lutte contre le malheur, ou de la résignation.
Mais le suicide est particulièrement coupable chez ceux qui abandonnent la vie par dégoût, parce qu'ils en ont épuisé hâtivement tous les plaisirs. Il faut accepter la vie, même malheureuse, comme le devoir, c'està-dire sans condition.
La foi en l'existence d'une providence fournit un dernier argument contre le suicide : c'est se révolter contre la volonté divine que de ne pas accomplir jusqu'au bout la destinée qu'elle impose .
Ouvrages à consulter
Jules Simon, Le Devoir, (i^ partie, ch. n.) Paul Janet, La Philosophie du bonheur, Marion, Leçons de morale. (16« leçon.)