V. — COURAGE CIVIL
^- On appelle ainsi la vertu du citoyen qui ne se laisse intimider dans la défense de la justice et de la loi, ni par les menaces d'un pouvoir tyrannique, ni par les violences de l'émeute. Ce sera, par exemple, celle du magistrat refusant de prononcer un arrêt contraire à ce que lui dicte sa conscience ; du bourgeois qui en temps d'insurrection, se laisse emprisonner, fusiller s'il le faut, plutôt que de faire le coup de feu avec les insurgés contre les défenseurs du gouvernement légal. Cette forme du courage, quand il y va de la vie, est d'autant plus héroïque, que ceux qui en donnent l'exemple n'ont pas été, comme le soldat, préparés par la discipline et Tesprit militaire, à la pensée du suprême sacrifice.
Quand le sol est envahi, ceux-là sont de nobles victimes du courage civil, qui, n'étant pas des combattants, préfèrent tout souffrir plutôt que de fournir à l'ennemi, soit des vivres, soit des renseignements, ou de lui prêter quelque concours que ce soit. Nous nous sommes expliqué là-dessus en parlant des devoirs envers la patrie. Nous rappelons ici ces prescriptions, parce qu'elles découlent également du respect que l'homme se doit à lui-même, en tant que citoyen, devant l'envahisseur.