III. — EXAMEN DE CONSCIENCE
Pour contracter de bonne heure l'habitude d'être sincère envers soi-même, les anciens recommandaient déjà l'examen de conscience. « Ne laisse jamais tes paupières céder au sommeil, disaient les Pythagoriciens, avant d'avoir soumis à ta raison toutes tes actions de la journée.
« En quoi ai-je manqué? Qu'ai-je fait? Qu'ai-je omis de faire de ce qui est ordonné ?
« Ayant jugé la première de tes actions, prends-les toutes ainsi les unes après les autres.
« Si tu as commis des fautes, sois-en mortifié; si tu as bienfait, réjouis-toi. »
Cette recommandation, Sénèque nous apprend qu'il la mettait lui-même tous les soirs en pratique.
(( Nous devons tous les jours, écrit-il, appeler notre âme à rendre ses comptes. Ainsi faisait Sextius*. La journée terminée, avant de se livrer au repos de la nuit, il interrogeait son âme. « De quel défaut t'es-tu aujourd'hui guérie? quelle passion as-tu combattue? En quoi es-tu devenue meilleure? » Quoi de plus beau que cette habitude de repasser ainsi toute sa journée ? Quel sommeil que celui qui succède à cette revue de soi-même! Qu'il est calme, profond et libre, lorsque