‹ De l'educationChapitre 144 sur 178 · III. — DÉVELOPPEMENT DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

III. — DÉVELOPPEMENT DE LA SENSIBILITÉ

Ainsi, nous entretiendrons et développerons en nousmêmes cette force salutaire et sacrée qui est l'amour, mais nous aimerons les choses en proportion de leur valeur et de leur dignité morales. Nous n'aurons que mépris pour les grossières jouissances de la sensualité et de la gourmandise ; nous aimerons la richesse, dans la mesure où elle nous permet de subvenir à nos besoins et à ceux des nôtres, de nous consacrer à la science, d'être charitables. Nous aimerons la

science plus que la richesse, la vertu plus que la science. Nous aimerons les beautés de la nature, celles de l'art, parce que les plaisirs du beau élèvent l'âme, l'arrachent à l'égoïsme, et se confondent presque avec les joies du devoir accompli. Nous aimerons d'un amour ardent ces choses saintes; la famille, la patrie. Nous aimerons d'un amour suprême la perfection, soit qu'elle ne nous apparaisse que comme l'idéal moral, soit que notre raison affirme l'existence d'un être souverainement parfait, infiniment puissant et bon, créateur de l'univers et de l'humanité.

Page 1