IV. — DÉVELOPPEMENT DES FACULTÉS INTELLECTUELLES
Même devoir général à l'égard des facultés intellectuelles. Nous devons les développer d'abord, puis lés orienter vers les vérités les plus hautes. Nous développerons nos sens pour qu'ils nous fournissent des données aussi exactes que possible sur le monde extérieur où nous avons à vivre. Il n'est pas indifférent, en effet, d'avoir l'oreille exercée, la vue claire et perçante. Nous éviterons par là bien des dangers, et par exemple, à la guerre celui qui a l'ouïe la plus fine, l'œil le plus pénétrant, sera, toutes choses égales d'ailleurs, le meilleur capitaine ou le meilleur soldat. Le maréchaï Davout, pour obvier aux inconvénients d'une myopie fâcheuse, était condamné à une vigilance de tous les instants. Puis, des sens exercés de bonne heure, rendent plus délicates et plus vives nos jouissances esthétiques.
Développer l'œil intérieur, cette conscience que nous avons de nous-mêmes, réfléchir sur soi, étudier ses aptitudes, ses défauts, les motifs auxquels on obéit, tel était, selon Socrate, le principe de toute sagesse. Connais-toi toi-même c'est-à-dire connais-toi comme être moral, soumis au devoir, et appelé à une destinée qui ne se termine pas avec cette vie. Et cette précieuse connaissance de soi-même, elle est, elle aussi, le résultat et la récompense d'un exercice prolongé. Il faut s'habituer à se replier sur soi, et cela d'abord est difficile et pénible, tant sont grandes les séductions du spectacle extérieur qui, dès la première enfance, a captivé toute notre attention.