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VI. — l'imagination

Développer l'imagination n'est pas moins obligatoire, car cette faculté est la source de jouissances délicates et élevées. Elle fait revivre, pendant l'absence, les traits des personnes chéries ; elle évoque devant le regard intérieur les beaux sites, les œuvres d'art autrefois contemplés. Elle crée tout un monde au dedans de nous, monde que nous varions et embellissons comme il nous plaît. Elle anime et fait mouvoir les personnages fictifs du drame, de la poésie, du roman; par elle, nous nous formons une société idéale des types enchanteurs ou sublimes qu'elle a fait éclore dans le génie d'un Corneille, d'un Racine, d'un Shakespeare : Rodrigue, €himène, Pauline, le vieil Horace, Andromaque, Iphigénie, Gordélia. — Elle nous offre ainsi un refuge et une consolation contre les vulgarités de la vie réelle. Elle donne toute sa vivacité au sentiment du beau, et le préserve des exigences trop minutieuses, de la sécheresse stérilisante de ce qu'on appelle, en matière de goût,

l'esprit critique. Elle est la mère du courage, des grands desseins, des grands efforts, en rapprochant, par l'espérance, le but à atteindre, et en anticipant, exagérant peut-être, le bonheur qui suivra le succès. Enfin, parle tableau touchant qu'elle nous en présente, elle émeut notre sympathie pour les souffrances de nos semblables, éveille notre compassion, nous invite à la charité. Ces effets bienfaisants de l'imagination disent assez le rôle considérable qu'on doit lui attribuer dans la vie intellectuelle et morale. Mais il importe qu'elle soit préservée des excès et dirigée conformément à la raison. Sicile se perd dans le rêve, si elle s'éprend des beautés de Fart et de la poésie au point de nous dégoûter du réel et des humbles, mais impérieuses obligations de la vie pratique; si, nous dissimulant les obstacles, elle nous lance à l'aveugle dans de folles aventures ; si ses attendrissements sur la misère humaine ne se tournent pas à la soulager; — l'imagination n'est plus qu'une' puissance trompeuse, comme dit Pascal, et son empire peut devenir funeste. D'où la nécessité de la soumettre à une règle, et cette règle ne peut être que l'austère idée du devoir.

RÉSUMÉ

I. — Les facultés sont les différents pouvoirs intérieurs par lesquels se manifeste le moi. Il y a trois facultés principales, ou plutôt trois groupes de facultés : la sensibilité, l'intelligence et l'activité libre ou volonté.

La sensibilité est la faculté d'aimer ce qui nous procure de la joie et de haïr ce qui nous coûte des souffrances. Elle comprend les désirs, les appétits, les tendances ou inclinations, etc.

V intelligence est la faculté de connaître les objets extérieurs à l'aide des sens, et les phénomènes qui se passent en nous à l'aide de la conscience psychologique. C'est aussi la faculté de concevoir, de comprendre, de juger, de raisonner, etc.; c'est enfin la. raison, qui nous fournit les notions premières et les vérités nécessaires. La volonté a été étudiée déjà à propos de la liberté*. IL — Chacune des facultés est susceptible de développement, sous l'empire de la volonté. La volonté a, en outre, du pouvoir sur elle-même.

En donnant à chacune d'elles son maximum d'éner^ gie, et en les dirigeant conformément à la loi morale, l'homme réalise la perfection autant que cela est en son pouvoir.

m. — En conséquence, on cultivera avec soin la puissance d'aimer, et Vamour ne s'attachera qu'à de nobles objets, tels que la science, la vertu, le beau dans la nature et dans les arts, la famille, la patrie, et pardessus tout la loi morale et son auteur.

IV. — Les facultés intellectuelles seront également développées, puis orientées vers les vérités les plus hautes.

Les sens seront cultivés pour qu'ils puissent fournir des notions exactes sur le monde extérieur.

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