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On acquerra Thabitude de la réflexion, et l'on s'en servira d'abord pour se bien étudier. La fameuse maxime : « Connais-toi toi-même » est le principe de
toute sagesse.
V. — La mémoire est extrêmement utile. C'est à tort que certains pédagogues voudraient la réduire à un rôle secondaire.
L'enfance est l'époque de la vie la plus propice pour la culture de la mémoire ; mais elle peut être exercée à tous les âges. On ne lui confiera que des choses qui en vaillent la peine.
YI. — Développer V imagination n'est pas moins utile et obligatoire. Cette faculté est la source de jouissances délicates et élevées. De plus, elle joue un rôle considérable dans la vie intellectuelle et morale.
Mais comme elle est sujette à des écarts dangereux, elle doit être disciplinée par la raison, réglée par l'idée austère du devoir.
Ouvrages à consulter :
Adolphe Garnier, Traité des facultés de l'Ame.
Henri Joly, De V Imagination.
Paul Janet, Traité élémentaire de Philosophie (psychologie) et les Traités généraux de Psychologie et de Pédagogie (MM. Marion, Compayré, Chasteau, Joly, etc.).
TREME-UNIÈME LEÇON
DEVOIR DE CULTIVER ET DE DÉVELOPPER TOUTES NOS FACULTÉS (suite).
Sommaire. — I. Développement de l'attention, de la réflexion, du jugement, du raisonnement. — II. Développement de la volonté. — III. Abstinence volontaire. Régularité de la vie. — IV. La volonté et l'habitude. — V. Le sage.
1. — DÉVELOPPEMENT DE L'ATTENTION, DE LA RÉFLEXION DU JUGEMENT, DU RAISONNEMENT.
Toutes ]es opérations de l'esprit, l'attention, la réflexion, le jugement, le raisonnement, s'apprennent. Il y a une éducation de tous les pouvoirs de l'esprit. Cette éducation, ce sont nos parents et nos maîtres qui la commencent : à nous de la continuer, de la perfectionner, jusqu'au dernier jour de la vie.
A nous surtout d'appliquer ces pouvoirs à des objets qui le méritent. Concentrer par exemple toute son intelligence, pendant des mois et des années, sur les problèmes variés du jeu d'échecs, serait faire un pauvre usage de son esprit. Malebranche, Labruyère, trouvaient indignes de l'homme les recherches de l'érudition, de
la philologie : en quoi ils avaient tort, car elles peuvent conduire à d'importantes découvertes. Mais la connaissance de l'histoire, particulièrement celle de l'histoire nationale, l'investigation des lois delà nature, l'étude de l'âme humaine, de sa destinée et de son origine, voilà des objets auxquels nous ne saurions consacrer trop d'efforts et de temps. Sans doute, bien peu ont le loisir de s'y adonner entièrement : les exigences de la vie pratique les interdisent au plus grand nombre; cependant le plus humble, le plus ignorant, est tenu de se faire une opinion sur les grandes questions de l'ordre moral et religieux. 11 doit réfléchir à ses devoirs, se demander quelquefois d'où il vient, et si tout se termine pour lui à la mort. Ces pensées, d'ailleurs, se présentent pour ainsi dire d'elles-mêmes à tout esprit, mais il en est beaucoup qui les écartent comme importunes ou parce que nulle certitude n'est possible en ces matières. Importunes, elles ne le sont que pour l'homme frivole ou pervers; quant à la certitude, il se peut qu'on n'y parvienne pas toujours; mais il est obligatoire d'avoir cherché avec sincérité, et de s'arrêter au plus vraisemblable.