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IL — DÉVELOPPEMENT DE LA VOLONTÉ

Nous devons enfin développer et fortifier la volonté. Pour cela, il faut éviter de laisser prendre aux désirs inférieurs, aux passions égoïstes, aux habitudes mauvaises, une influence qu'il deviendrait à la longue presque impossible de combattre. Et cette culture de la volonté doit commencer dès les premières années de

la vie morale. On doit la commencer chez l'enfant par une éducation appropriée; il la continuera ensuite luimême. Ce sont les commencements qui importent; jusqu'à quinze ans tout est facile, mais à seize ou dix-sept ans, le caractère estdéjà formé, les habitudes sontprises, il est bien difficile, comme on dit, de se refaire. La vie entière dépend presque toujours de la première adolescence. La tempérance, l'amour du travail, c'est à l'école, c'est au collège qu'on en fait l'apprentissage; qu'il est rare qu'un écolier paresseux, un jeune homme dissipé deviennent plus tard des citoyens utiles, laborieux, rangés ! — Il faut, dit-on quelquefois, que jeunessese passe, et sous ce beau prétexte, certains parents laissent leurs fils s'abandonner à tous les désordres. Faiblesse coupable, bien près d'être criminelle ! Il faut que jeunesse se passe, oui ; mais à préparer la vie, à conquérir par un labeur assidu, une position qui assure l'aisance et donne le droit de fonder bientôt une nouvelle famille. Il faut que jeunesse se passe en travaux féconds, en luttes généreuses contre les tentations malsaines et les entraînements des mauvaises compagnies. Gela n'exclut pas les distractions innocentes, les jouissances de l'art, les bonnes conversations entre camarades, la fréquentation d'une société choisie. Nous ne voulons pas, nous l'avons dit, que la jeunesse soit morose et trop acharnée à la poursuite de l'utile. Mais les plus travailleurs, parmi les écoliers et les jeunes gens, sont précisément ceux qui savent le mieux goûter les plaisirs honnêtes. Le paresseux s'ennuie; toute récréation est pour lui sans charmes, parce qu'il n'a pas su la mériter. Si par

malheur réducation de la volonté n'a pas été faite pendant l'adolescence et la première jeunesse, il ne faut pourtant pas désespérer. Une résolution énergique et persévérante, une conversion sont toujours possibles. La vie ménage pour chacun des occasions de commencer à être vraiment un homme. L'entrée, même tardive, dans une carrière, un changement de résidence, le mariage, un grand malheur imprévu, peuvent devenir le point de départ d'une rénovation morale où la volonté, se ressaisissant elle-même, impose à l'âme tout entière la discipline qui lui manquait jusque-là.

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