IV. — LA VOLONTÉ ET l'HABITUDE
Pour assurer l'indépendance de la volonté, Kant prétend interdire à l'homme de se rendre l'esclave de l'habitude. Mais il faut distinguer. L'habitude mauvaise, on doit la combattre et la détruire; l'habitude bonne n'est autre que la vertu : et si la vertu devenait une seconde nature au point que nous fussions dans l'heureuse impossibilité de mal faire, conviendrait-il de s'en plaindre? La récompense d'une volonté énergique et persévérante, c'est précisément que l'effort lui devient de moins en moins nécessaire, et l'âme tout entière, désormais affranchie des conflits douloureux, marche, apaisée, joyeuse et comme d'un mouvement spontané, dans la voie de la perfection.
Nous n'avons pas à dire de la volonté, comme des autres facultés, qu'il faut non seulement la développer, mais l'orienter vers le bien. Cela est évident, puisque cette conformité du vouloir avec l'idéal moral est la moral ité même