IV. — l'espérance
La croyance en Dieu impose un autre devoir, celui de l'espérance. Il semble qu'on n'espère pas librement, quand on veut, et comme on veut; mais l'espérance dont il s'agit ici est moins une passion qu'une disposition habituelle de l'àme tout entière. Elle est la confiance en la bonté de Dieu, la ferme conviction que le mal n'aura pas le dernier mot, que les souffrances imméritées, l'injustice impunie et triomphante, ne déconcerteront pas éternellement la conscience de l'homme de bien. Le désordre dans le royaume des esprits ne saurait subsister à tout jamais; et dussent les mondes être tous anéantis un jour, les âmes impérissables n'en continueront pas moins leur ascension vers cette perfection qui, pour la pensée religieuse, est la plénitude du bonheur par la vertu.