V. — LA CROYANCE EN DIEUET LA CHARITÉ
L'homme qui croit en Dieu aime les autres hommes, non seulement parce qu'ils sont ses semblables, et comme lui des personnes morales, mais encore parce qu'ils sont, comme lui, les créatures et les enfants de
la même Bonté souveraine et absolue. Les stoïciens appelaient déjà le monde la cité de Jupiter, et ils avaient entrevu le dogme de la fraternité qui doit exister entre tous les êtres raisonnables; mais les stoïciens ne croyaient pas à la personnalité divine. Celui qui, à la suite de Descartes, de Leibniz, admet en Dieu tous les attributs intellectuels et moraux qui constituent la personne, ne peut manquer de trouver dans cette croyance un nouveau et puissant motif d'effective charité.