‹ De l'educationChapitre 43 sur 178 · I. — INVIOLABILITÉ DE LA PERSONNE. LE DROIT · texte numérisé non relu

I. — INVIOLABILITÉ DE LA PERSONNE. LE DROIT

La loi du devoir étant chose sacrée et obligatoire par soi, l'homme qui la conçoit et doit la pratiquer doit être aussi, pour Thomme, sacré et inviolable. Ce serait en effet violer la loi morale d,e la façon la plus grave que d'en empêcher, d'une manière quelconque, l'accomplissement par ceux à qui elle s'impose comme à nous.

La personne humaine, c'est l'homme en tant qu'il est ou peut devenir raisonnabl e et libre. L'animal n'est pas une personne. Mais l'enfant est déjà une personne, parce qu'il aura plus tard la raison et la liberté. Le fou, l'idiot, sont encore des personnes, parce qu'ils ont possédé ou peuvent recouvrer les attributs qui constituent la personnalité.

L'inviolabilité de la personne humaine est le fondement du droit. Le droit est le pouvoir de vouloir et de faire toutce qui est ordonné ou n'est pas défendu parle devoir.

Le premier de tous les droits de l'homme c'est de vivre. La vie est la condition suprême de la moralité. Le premier devoir de chacun à l'égard de ses semblables est donc de respecter leur vie. « Tu ne tueras point » est un commandement inscrit dans la conscience avant de l'être dans les lois de Moïse et dans les codes de tous les peuples.

Mais l'homme n'a pas seulement le droit de vivre ; il en a le devoir, puisqu'il renonce à la pratique du bien moral, en abandonnant volontairement la vie. Il ne peut faire cet abandon que s'il le doit, c'est-à-dire si un motif d'ordre supérieur lui impose l'obligation de ce suprême sacrifice. Nous verrons dans quels cas il en est ainsi.

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