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IV. — l'esclavage antique

L'esclavage fut peut-être, à l'origine, un adoucissement apporté à la condition des prisonniers de guerre,

qui étaient généralement mis à mort. Un calcul d'intérêt, plus encore qu'un sentiment de compassion, fit comprendre qu'il valait mieux leur laisser la vie et les faire travailler au profit du vainqueur. Presque toutes les tribus sauvages ou barbares ont des esclaves; chez ks Grecs, on se partageait ou l'on vendait les vaincus qui avaient échappé au massacre, y compris les femmes et les enfants. 11 ne semble pas cependant qu'à l'époque classique, le sort des esclaves en Grèce ait été très ^ rigoureux. A Athènes, notamment, une sorte de philanthropie (c'est par ce beau mot que Périclès exprime k caractère des Athéniens), leur faisait d'ordinaire la vie assez douce. Néanmoins le libéral génie d'Aristotene met pas un instant en doute la légitimité de l'esclavage: Tesclave est, pour le précepteur d'Alexandre, non une personne, mais un outil vivant. Aristote justifie même l'esclavage par des considérations d'ordre physiologique; l'esclave n'a ni la force, ni la stature droite, ni la beauté de l'homme libre : c'est donc la nature même f qui l'a destiné à servir. Ce fut l'honneur de quelques sophistes*, plus tard des stoïciens, d'avoir protesté f'contre ce prétendu droit naturel, et d'avoir proclamé jFégalité primitive de tous les hommes.

L'esclavage à Rome fut beaucoup plus dur, surtout \h. la fin de la République et dans les commencements le l'Empire, quand la conquête du monde eut approvisionné avec une extraordinaire abondance les marchés Tesclaves. Certains riches en possédaient plusieurs

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