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VII. — LIBERTÉ DES ENFANTS MINEURS

Le respect de la liberté humaine consiste encore A

ne pas abuser de ceux que leur situation met dans l'impuissance, absolue ou partielle, de se protéger efficacement eux-mêmes. Tel est particulièrement le cas des enfants mineurs et des salariés.

On ne peut dire que l'enfant mineur jouisse encore de la liberté civile, puisqu'il est soumis à la tutelle légale de ses parents. Mais il peut arriver que ceux-ci cherchent à augmenter les ressources de la famille par le travail de leurs enfants. Il n'y a rien là que de parfaitement licite, tant que la moralité, l'instruction, la santé de l'enfant n'en souffrent pas. Chez nous, l'obligation de l'instruction primaire ne permet pas que les parents se refusent à envoyer régulièrement leurs enfants à l'école, jusqu'à treize ans; des sanctions pénales pourraient, au besoin, les y contraindre. Mais, à partir de cet âge, l'enfant peut être mis en apprentissage, employé dans une usine ou aux travaux des champs. C'est alors qu'il peut y avoir péril soit pour ses mœurs, soit pour sa santé. Un labeur excessif, certaines fréquentations, sont également à craindre. Si le père ou le patron, par avidité ou négligence, ne prenr nent pas les précautions nécessaires, la loi a le droit et le devoir de les prendre à leur place et contre eux. C'est ainsi qu'elle fixera le nombre maximum d'heures de travail que l'on peut exiger des enfants dans les ateliers ou les manufactures, qu'elle interdira le travail de nuit, etc.

Ce ne sont pas là des atteintes portées à la liberté des parents ou des chefs d'industrie ; c'est la liberté et le droit de l'enfant sauvegardés par l'autorité publique,

parce que lui-même est impuissant à se défendre-. L'histoire flétrit à juste titre le mot d'un homme d'Etat anglais répondant aux manufacturiers qui se plaignaient de ne pouvoir suffire aux besoins de la consommation : (( Prenez les enfants ! » C'est qu'en effet, imposer aux enfants un labeur sans mesure est un cruel et odieux abus de la force. C'est de plus un attentat contre la patrie, car, déformées et épuisées avant l'âge, arrêtées dans leur croissance, ces malheureuses victimes ne sauraient devenir plus tard des hommes vigoureux, énergiques, capables de remplir tous les devoirs de citoyens et de soldats. On risque d'abâtardir la race,, et, parla, de compromettre bientôt jusqu'à ces intérêts, égoïstes qu'on avait cru servir.

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