I. — l'honneur et la réputation
Mais l'homme n'est pas seulement un être vivant, il est aussi et surtout un être social. Dans la société chacun joue un rôle et tient une place. Chacun est en relations avec tous, en relations plus étroites et plus fréquentes avec quelques-uns. De là, des jugements que nous portons sur la valeur morale, intellectuelle de nos semblables. De là l'opinion, bonne ou mauvaise, que nous avons les uns des autres. Jouir d'une bonne réputa tion, passer pour un homme intelligent et honorable, est ■un avantage dont on ne saurait exagérer l'importance. Tous y tiennent et ont le devoir d'y tenir. Ma réputation c'est moi-même, dans ce que j'ai de plus cher et de plus précieux ; c'est moi-même en tant que jugé par mes ^semblables et apprécié par eux.
L'honneur et la réputation font donc partie intégrante de la personnalité et, par suite, ont droit au respect. Les outrages qui flétrissent, les mépris hautement témoignés, autant de violations graves de ce qui est dû à autrui. Même le mépris non exprimé est coupable; car la pensée qui déshonore intérieurement une réputation porte atteinte au caractère sacré de la personne.
Il y a deux manières principales d'attaquer l'honneur des autres : la calomnie et la médisance.