‹ De l'educationChapitre 59 sur 178 · I. — LA JUSTICE · texte numérisé non relu

I. — LA JUSTICE

Tous les devoirs sociaux que nous avons énumérés jusqu'à présent sont compris sous le nom général de devoirs de jiistice, La justice est la vertu qui consiste <ians l'habitude de les pratiquer. On a dit que la justice c'est de rendre à chacun ce qui lui est dû. Le mot rendre n'a pas ici le sens de restitution ; car on doit n'avoir rien pris. On veut dire que la justice est de laisser à chacun la libre et tranquille jouissance de ce qu'il possède légitimement. L'homme possède légitimement la vie, l'honneur et la réputation tant qu'il ne les a pas flétris par sa faute, les richesses acquises par son travail ou par héritage, le droit de développer son activité

physique et intellectuelle, de rechercher la douceur de& affections permises, de compter sur une parole donnée, etc. — L'obligation de ne lui rien ravir de tout cela, de respecter la personne et tous ses droits, voilà donc la justice, avec toutes les prescriptions moins générales qu'elle comporte. Et comme tout homme veut être ainsi respecté dans sa personne et dans ses droits,, on a pu exprimer les devoirs de justice par cette autrel'ormule, plus claire et plus populaire : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-même. »

Mais la justice ne suffit pas. N'être que juste c'est n'être pas coupable ou criminel, ce n'est pas encore être vertueux. Il faut que la justice soit vivifiée, complétée par la bienveillance.

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