V. — LA SOLIDARITÉ
Le principe d'où découlent les devoirs de charité est ce qu'on appelle le principe de la solida7'ité humaine. On entend par là que tous les hommes sont liés les uns aux autres par une communauté d'origine, de nature, d'intérêts, de destinée. Par suite, nul ne peut se considérer comme étranger à ses semblables; leur bonheur, leur malheur font partie intégrante de son malheur ou de son bonheur. Par suite encore, chacun doit s'efforcer, ne fût-ce qu'en vue de son propre intérêt, de procurer le bien d'autrui, de soulager les misères des autres dans la mesure la plus large possible. En travaillant pour eux, il travaille pour lui-même; il s'assure les jouissances les meilleures, celles que donne le sentiment d'avoir bien fait; il se crée de précieuses sympathies, il collabore à l'œuvre sacrée du progrès, car le progrès c'est essentiellement la diminution sur terre du mal physique, comme de l'ignorance et du vice, et quiconque console une douleur, supprime une souffrance, fait éclore une joie, est ^ans son humble sphère et selon ses forces un ouvrier du progrès humain.