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IV. — INDUSTRIELS ET PATRONS

Les industriels et les patrons emploient les uns et les autres des ouvriers envers qui leur sont imposées des obligations particulières. Nous ne parlons pas ici de ce devoir qui consiste à payer exactement et régulièrement le salaire convenu; il en a été question à propos du respect des contrats. Mais l'industriel etlepatronnesont pas entièrement quittes envers l'ouvrier quand ils lui ont soldé le prix de son travail. Ils sont encore tenus de faire tout leur possible ppur sauvegarder sa santé, sa vie, sa liberté, sa moralité. Ils ne chercheront pas, par

lin amour de gain qui peut devenir criminel, à réduire, sans une évidente nécessité, le taux des salaires; ils rélèveront toutes les fois qu'ils le pourront, sachant d'ailleurs que des ouvriers mieux payés, par suite mieux nourris et plus heureux, font meilleure besogne et s'intéressent davantage à la prospérité du patron.

Le Code pénal punissait autrefois les coalitions de patrons tendant à forcer injustement et abusivement le taux des salaires ; mais cette pénalité a été abolie en 1864, parce qu'à cette époque le législateur a permis les coalitions d'ouvriers, en consacrant ce qu'on a appelé le droit à la grève. Il était en effet de la plus stricte équité de proclamer la liberté des patrons de s'unir entre eux, en même temps que la liberté des ouvriers de faire grève : la justice doit être égale pour tous et l'on ne doit pas mieux traiter ceux-ci que ceux-là. — Il est à noter cependant que, dans la réalité, les patrons profitent beaucoup plus rarement du droit de coalition que les ouvriers.

Le mot patron a la même étymologie que celui de père, et ce rapprochement seul résume tous les devoirs de charité qui s'imposent au patron à l'égard des ouvriers. Il doit vraiment les traiter d'une façon paternelle, avec fermeté et douceur; leur assurer des soins, s'ils sont malades, une retraite pour la vieillesse. Plusieurs de nos grands industriels se sont honorés en faisant construire pour leurs ouvriers des maisons où chaque famille trouve une installation confortable, agréable et saine; au bout d'un certain nombre

d'années, grâce à une retenue modérée sur le salaire^ le locataire devient propriétaire de l'immeuble.

Une telle combinaison n'exige qu'une avance de fonds ; le chef d'usine se dédommage par l'intérêt et l'amortissement des sommes déboursées : il a accompli une œuvre philanthropique, à laquelle lui-même, en définitive, trouve son compte, car l'ouvrier qui a la perspective de devenir propriétaire a plus de cœur à l'ouvrage, prend l'habitude de l'économie et ne tarde pas à regarder comme sienne l'entreprise dont la prospérité peut seule assurer son avenir et celui de sa famille. Que de questions sociales, grosses de menaces, se résoudraient comme d'elles-mêmes, si les patrons savaient toujours comprendre et accomplir tout leur devoir envers les' ouvriers!

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