V. — LES SALARIÉS
Mais il faudrait aussi que les ouvriers voulussent bien de leur côté remplir leurs devoirs envers les patrons. Outre les obligations générales de déférence, de fidélité aux engagements pris, ils doivent être animés d'un zèle véritable et efficace pour les intérêts du patron, si étroitement liés avec les leurs. Nous repoussons en effet do toutes nos forces, d'accord en cela avec la science économique, l'idée fausse et dangereuse d'un antagonisme^ naturel entre le capital et le travail. Nous savons que l'ar ticle^lS du Gode pénal sur les coalitions ouvrières été aboli*, et nous ne nous en plaignons pas ; mais nous
1, Il était ainsi conçu : « Toute coalition de la part des ouvriers pouï faire cesser en même temps de travailler, interdire le travail dans ur
pensons que les ouvriers abusent d'un droit légal quand, sans nécessité, ils dénoncent brusquement une grève qui peut mettre le patron dans l'impossibilité de remplir ses engagements et le conduire à la faillite. Avant de recourir à ce moyen extrême, il est juste d'avoir épuisé tous les moyens de conciliation et de transaction. La répétition trop fréquente des grèves ne manquerait pas d'ailleurs de tourner contre l'intérêt des ouvriers eux-mêmes, en jetant un trouble irréparable dans le commerce et les échanges, et en décourageant les commandes, qui finiraient par s'adresser à l'industrie étrangère au détriment de l'industrie nationale.
RÉSUMÉ
I. — Les professions libérales sont celles qui exigent une culture intellectuelle supérieure, telles que celles de l'avocat, du médecin, de l'homme de lettres, de l'artiste.
Le respect scrupuleux du droit et de la justice, dans le choix des causes dont il se charge, s'impose à Tavocat.
atelier, empêcher do s'y rendre ou dj rester avant ou après de certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux, s'il y a eu tentative ou commencement d'exécution, sera punie d'un emprisonnement d'un mois au moins et de trois mois au plus.
« Les chefs ou moteurs seront punis d'un emprisonnement de deux ans à cinq ans. »
Iâ6 MORALE PRATIQUE.
Le médecin est tenu au secret absolu sur la nature des maladies qu'il soigne, la loi lui en fait une obligation. En temps d'épidémie il doit exposer sa vie pour donner des soins aux malades. Les plus illustres médecins se font gloire de mesurer le taux de leurs honoraires à la fortune des malades.
L'homme de lettres, l'artiste, doivent s'interdir, dans leurs œuvres, tout ce qui pourrait porter atteinte à la vérité et à la morale.
II. — Les fonctionnaires sont les serviteurs de l'État, ils sont tenus à faire leur service régulièrement et consciencieusement; ils doivent respecter leurs chefs hiérarchiques et prendre leur défense dans toutes les occasions.
Le gouvernement doit pouvoir compter sur la fidélité de tous ses agents; un fonctionnaire ne doit pas afficher ou chercher à faire triompher des opinions politiques hostiles à celles du gouvernement qui l'emploie; si ces opinions ne sont pas conformes aux siennes il doit donner sa démission.
III. — La probité s'impose slux commerçants, toute fraude, toute falsification est coupable.
Sous prétexte de concurrence un commerçant n'a pas le droit de déprécier les articles similaires débités par ses confrères. L'accaparement est permis dans une certaine mesure, mais il est un crime lorsque dans un but de vile spéculation il a pour effet d'affamer toute une population.
IV. — Outre le devoir d'observer rigoureusement les clauses des contrats qui les lient avec leurs ouvriers,
les industriels et les patrons ont celui de sauvegarder, autant qu'il est en eux, la santé, la vie, la liberté, la moralité de ceux qu'ils emploient. — Une philanthropie éclairée à l'égard des travailleurs n'est pas moins conforme aux préceptes de la charité qu'aux intérêts bien entendus des patrons eux-mêmes.
V. — Les ouvriers sont tenus de remplir leurs devoirs envers les patrons; ils leurs doivent de la déférence, de la fidélité, du zèle pour la défense de leurs intérêts. Les ouvriers abusent de leur droit quand, sans nécessité, ils dénoncent une grève qui peut conduire leur patron à la faillite; ils doivent épuiser tous les moyens de conciliation avant de recourir à ce moyen extrême. Les grèves répétées tournent contre l'intérêt des ouvriers el découragent les commandes qui s'adressent alors à l'industrie étrangère.
Ouvrages à consulter :
i Mârtha, La Délicatesse dans l'art (Cli. in). La Moralité dans Wart.
Ueverdy et BuRDEÂU, Le Droit usuel, le Droit commercial et l'Économie politique.
Jules Simon, Le Travail.
De Lamarche, Nos Devoirs et nos Droits.