II. — La patrie est avant tout une personne morale
une mère aimée et vénérable, dont l'histoire nous a, dès l'enfance, fait connaître les gloires, les grandeurs et aussi les douloureuses épreuves.
La patrie n'est pas une pure abstraction : elle est <:onstituée par les générations successives, et ainsi elle est pour chacun de nous une grande famille qui embrasse les ancêtres et les descendants. Les sentiments humains les plus forts contribuent donc à fortifier l'amour de la patrie.
III. — Cet amour s'appelle \e patriotisme. Dans l'antiquité il est surtout local et fait de la haine de l'étranger.
Le patriotisme moderne est moins exclusif et moins haineux que le patriotisme antique. Aujourd'hui les nations cherchent à vivre en paix et à travailler de concert à l'œuvre de la civilisation. Un homme peut être «excellent patriote sans, pour cela, détester les autres peuples et souhaiter leur ruine.
La haine néanmoins peut être un devoir, quand il •s'agit de venger la mère patrie flétrie et mutilée par un ennemi abusant sans mesure de la victoire.
IV. — Désirer, dans un vague intérêt humanitaire, l'effacement des frontières et l'abolition de toutes les patries, c'est faire un vœu impie et irréalisable. Il est irréalisable, parce que la distinction des nationalités répond à une nécessité, et que chaque peuple a un rôle déterminé dans l'œuvre civilisatrice; il est impie, parce qu'il dégrade les cœurs et tarit l'une des principales sources du dévouement.
L'amour de l'humanité peut d'ailleurs se concilier avec l'amour de la patrie.
Le cosmopolitisme doit donc être condamné comrae énervant et égoïste.
Le drapeau est le symbole sacré de la patrie. La vue du drapeau fait battre le cœur de tout bon citoyen et lui inspire la résolution de le défendre jusqu'à la mort.
Ouvrages à consulter:
Barni, La Morale dans la Démocratie. (7« leçon.)
Renan, Qu'est-ce qu'une nation?
Ernest Lavisse, Questions d'enseignement national.
P. Bourde, Le Patriote.
Paul Bert, L'Instruction civique à Vécole.
A. -P. DE Lamarche, Nos Devoirs et nos Droits.
BuRDEAu, Devoir et Patrie. (2^ partie.)
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