‹ De l'educationChapitre 93 sur 178 · I. — l'obéissance aux lois · texte numérisé non relu

I. — l'obéissance aux lois

Les devoirs envers la patrie s'appellent devoirs , civiques ; les principaux sont : l'obligation d'obéir aux lois, celles de respecter les magistrats, de payer F impôt, d'accomplir le service militaire, de voter.

Il y a dans chaque pays des lois qui sont imposées à j tous, parce qu'elles ont pour objets la sécurité et l'in- « ter et de tous. Ces lois, on est tenu d'y obéir.

Ceux qui les violent tombent d'ailleurs sous le coup de punitions infligées par les tribunaux compétents. Mais un bon citoyen ne se conforme pas à la loi par la seule crainte du châtiment. Il lui obéit par respect et par patriotisme. Il lui obéit dans toutes ses prescriptions, lors même qu'il serait sûr que sa désobéissance ne causera aucun dommage appréciable ou restera

toujours ignorée. Et il obéit de bon cœur, avec une sorte d'allégresse, comme l'enfant doit obéir à ses parents.

La loi est d'autant plus respectable dans les pays libres, qu'elle y est discutée, votée par des assemblées élues. Là où régnent, comme chez nous, le régime parlementaire et le suffrage universel, chaque citoyen doit se dire qu'il contribue indirectement et pour sa part, à la confection de la loi. En lui obéissant, c'est donc, dans une certaine mesure, à lui-même qu'il obéit. Effectivement, il nomme quelques-uns des députés qui sont chargés de la faire, et ces députés ont été mis, comme candidats, en demeure de dire .leur opinion sur les questions qui touchent aux plus grands intérêts de la nation. Il a donc su ce qu'il faisait en les nommant, et pu prévoir dans quel esprit ils rempliraient leurs fonctions de législateurs. Que si les prescriptions de la loi ne sont pas toujours conformes à son utilité particulière il comprendra que celle-ci doit être, en toute justice, subordonnée à l'utilité générale. Il peut arriver que la loi soit ou paraisse vexatoire, nuisible, injuste. Encecas, le devoir est de lui obéir encore. Tant qu'elle n'est pas abrogée, il n'est permis à personne de s'y soustraire. Mais chacun a le droit d'en poursuivre soit l'amendement, soit l'abolition, par tous les moyens légaux. Et c'est là l'incalculable avantage du régime parlementaire superposé au suffrage universel. Si le grand nombre, ou seulement une partie considérable des citoyens se croient opprimés par des lois iniques, ils peuvent

toujours, par rintermédiaire des députés qu'ils choisissent, les remplacer par des lois meilleures, et le ministère, issu des chambres, ne peut se refuser à une réforme ainsi réclamée par l'opinion.

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