‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 23 sur 131 · IV. — Hesse-Électorale · texte numérisé non relu

IV. — Hesse-Électorale

Un règlement du 29 novembre 182a, encore aujourd'hui en vigueur, détermine le rôle que le gouvernement hessois assigne au pasteur, dans chaque paroisse 1 :

1. Ânweisung filrdie Pfarrer in AusUbung der ihnen riicksichtlich der Schulen ihrer Pfarreien obliegenden Pjlichtcn.

SECONDE PARTIE

« Le pasteur a la direction (die Lei/ung) de l'école. Cette direction est une partie essentielle de sa haute mission. — Il est l’inspecteur local des écoles placées dans le cercle de sa juridiction, et exerce sur elles la surveillance la plus immédiate; les instituteurs ont en luileurehefle plus direct (art. 1").

« C’est au pasteur qu’il appartient de veiller avec un soin sévère, à ce que tous les enfants en âge d'aller à l’école la fréquentent en effet (art. 5).

« Ce n’est qu’avec la permission du pasteur que l’instituteur, en dehors des jours fixés, peut s’absenter de l’école (art. 4).

« Le pasteur doit tenir les yeux ouverts sur la conduite de l’instituteur et sur la manière dont il remplit ses fonctions; l’avertir quand il est en faute ; et, si cet avertissement demeure 6ans effets , lesignaler à l’inspecteur supérieur (art. 5) L

« Le pasteur doit prendre une connaissance suffisante de la méthode employée par l’instituteur, travailler aux améliorations qu’elle comporte, aider lui-môtue le maître dans la dispensation de l’enseignement , aussi longtemps et aussi souvent qu’il est nécessaire (art. 7) *.

« A la fin de chaque semestre, a lieu l'examen public au-

1. Il est regrettable de voir la législation hessoise autoriser, on voulant en prévenir l’abus, les punitions corporelles. L’art. 0 de la présente ordon nance charge le pasteur de veiller a à ce que les punitions corporelles, au cas où il serait indispensable d’y recourir (wenn sie unvermeidlich sein solUen), soient administrées de telle sorte que la santé des enfants n’en souffre pas, et qu’elles soient appropriées à leur but •. Le législateur luthérien do la Hesse eût mieux fait de se souvenir des paroles de Luther que nous avons citées plus haut (chap. I er ; I'* partie). Un règlement de 1839, pour la régence de Fulda, s’occupe encore des punitions corporelles et du fouet.

2. L’ordonnanco ajoute différentes prescriptions sur le rôle pédagogique du pasteur. J’explique dans la section suivante comment ce rôle peut êtro imposé aux ministres ecclésiastiques avec profit pour l’école, et par quelles éludes spéciales ils se mettent en état de le remplir.

rôle RE l’état.

quel le pasteur doit assister. A cette époque aussi se font les examens religieux prescrits par décision de T Ober-SchvJralhs. » — (10 octobre 1817. — Art. 11.)

Pour assurerait représentant de l'autorité religieuse une influence décisive dans l’éducation, pouvait-on, de tels fondements posés, attendre davantage de l’initiative de l’État?

L’ensemble des dispositions que je viens de citer a été confirmé par des actes récents de la puissance publique'. Aujourd’hui, plus que jamais, le respect des principes traditionnels préside, sous la haute impulsion du président du Conseil, ministre de l’intérieur, et sous la direction immédiate de M. le conseiller Vilmar, à la discipline morale de l’école. C’est M. Vilmar qui a écrit les lignes suivantes, et ces lignes sont la profession de foi du gouvernement de la Ilesse-Électorale, en matière d'instruction publique :

« La pédagogie et l’école, dans ces derniers temps, ont prétendu briser leurs anciennes racines pour se constituer une vie propre et indépendante; la pédagogie a voulu n’exister que pour soi , et l’école , comme on a dit , s'émanciper de l’Église.... — Qu’en est-il résulté? que dans les choses qui agissent directement sur la vie de l’individu pour la rattacher à la vie de la nation , et surtout dans les choses de la croyance (in den Sachen des Glaubens) au réveil de laquelle le monde s’émeut aujourd’hui, dans toutes ces choses se révèle une ignorance grossière et une déplorable faiblesse. Cette faiblesse est l’une des plaies saignantes de notre siècle*. »

1. Entre autres, un règlement du 30 juillet 1850, relatif aux dispositions requises des candidats aux places d’instituteurs: différentes circulaires des régences, spécialement do la régence do Rinteln.

Je dois la communication de ces documents à la bienveillante obligeance de M. Vilmar, directeur de la section d’instruction publique au ministère do l’intérieur.

2. Schulreden über Fragen der Zeit, von Vilmar. — Marburg, 1852. — C.XVI.

SECONDE PARTIE

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