‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 45 sur 131 · Den Himmel iiberlassen wir · texte numérisé non relu

Den Himmel iiberlassen wir

Den Engeln und don Spatzen. (Deutschland.)

rôle de l’église évangélique. -1 67

de famille avec cet abandon plein de simplicité qu’on ne trouve, je crois, qu’en Allemagne; et je n’y ai rien vu qui ne commandât le respect *.

Je m’interdirais de reproduire les termes d’une profession de foi que, dans le laisser aller d’un tète à tète, m’a faite le pasteur de la libre commune ; mais je retrouve cette profession de foi dans le Catéchisme 1 à l’usage des familles, et dans la Feuille du Dimanche (; Sonntags-Blait )* à l’usage de tout le monde. Évidemment, il n’y a ici de secret pour personne, et le scrupule n’est pas de mise. Écoutez-donc le symbole actuel du pasteur Uhlich : c’est celui d’un nombre considérable de fidèles dans presque toutes les villes de l’Allemagne du nord.

1 . 11 faut pénétrer, pour se rendre chez M. Uhlich, au fond du quartier populeux de Magdebourg. J’étais conduit par un pauvre diable à qui j’ai demandé ce qu’il pensait du pasteur de la libre commune. «C’est le roi des prolétaires, m’a répondu le va-nu-pieds, mais uqroi qui n’est pas riche, et qui boit de l’eau plas souvent que du vin. Parlons plus bas, a-t-il ajouté, en baissant la voix, la police n’aime pas que des étrangers aillent rendre visite au pasteur Uhlich. » — J’ai frappé à une humble porte delà Wallonbergerstrasse . Une jeune fille, gracieuse enfant de douze à treize ans, aux joues roses, aux tresses blondes, est venue m’ouvrir en chantant. La chambre où j’ai été introduit était petite, d’un ameublement plus que simple, garnie de livres. Des plantes grimpantes tapissaient la fenêtre et disputaient l’entrée aux rayons du soloil, qui miroitaient, en se jouant, sur une muraille lézardée. Le pasteur lisait, assis devant un bureau.

M. Uhlich est un homme de soixante ans , environ ; assez grand , maigre de visage et de corps. Ses yeux, petits, ternes au premier abord, s’animent bientôt d’une expression de bonhomie qui n’est pas sans finesse.

Ronge, quand il se faisait peindre pour la postérité, avant de s’évanouir dans le ridicule , s’affublait d’un costume de héros, le poing crispé sur une Bible, le regard enflammé, la tète haute. M. Uhlich , en effigie comme en réalité, porte simplement la redingote et la cravate noire des mortels ordinaires. Il en est de sa physionomie et do toute sa personne, comme de sa conversation : point d’affectation ni de désir de poser; rien de prétentieux ni de théâtral.

2. Katechismus , von Uhlich, précédé d’une dédicace aux pores, aux mères et aux maîtres. Magdebourg, 1851.

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