Jahrbücher derfreien deutschen Academie. Francfort
2. Le ministre de l’intérieur de Prusse disait, dans la circulaire adressée aux présidents des provinces, le 29 septembre 1851 :
« Le développement qu’ont reçu dans les dernières années les communautés dites libres communes, a prouvé qu’elles ne sont pas tant des sociétés religieuses que des réunions politiques tendant à propager les principes destructeurs de l’ordre social... C’est donc le devoir de l’État de les combattre avec tous les moyens légaux. »
A quoi , dans sa naïveté d’apôtre , le pasteur Uhlich répondait : • Nous ne sommes pas des sociétés religieuses ! c’est là un bien vieux grief. La mesure que les fonctionnaires de l’empire romain appliquaient aux idées religieuses d’alors, ne convenait pas aux communautés chrétiennes naissantes. Celles-ci n’adoraient pas les dieux; donc elles étaient convaincues d’aihéisme Ainsi de nous, les nouveaux chrétiens ! • ( Sonntags-IilaU ., 1852, 7 mars).
3 . «... Die Gemeinde habedas Christenthum aufs entschiedenste verleugnet, und sieli dem Alheismus zugcwendet... „
Naturellement, les Rheinische Bllitter ont jeté feu et flamme contre la suppression de cette école. “Les pères et les mères vont-ils être contraints d’envoyer leurs enfants à des écoles où le catéchisme de Luther, la Bible
A l'heure qu’il est, la propagande antichrétienne et athée ne s'exerce plus guère au grand jour. Mais, il ne faut pas se le dissimuler, de louables efforts viendront se briser trop souvent contre des écueils redoutables, écueils aujourd’hui voilés peut-être aux regards qui effleurent les surfaces, mais que, dans la tempête, le choc du navire révélera tout à coup. Le poison a pénétré, sur bien des points, jusqu'au cœur même de la société, au foyer delà famille. Et lorsque l’une des écoles condamnées disparait sous la main vengeresse de l’État, le parti frappé répond avec cette assurance que lui donne la conscience de sa force :
« Que pouvez-vous faire? Disperser nos assemblées, interdire la parole à nos maîtres, étouffer notre vie publique; eh bien! nous fortifierons nos convictions dans le cercle intime de nos amis, nous échaufferons notre vie religieuse au foyer de la famille; si nous n’écoutons plus l’enseignement de nos maîtres, du moins nous pouvons lire... à vous, en attendant, à vous qui avez la force, de prouver que la vieille religion a conservé la vie, à vous de rendre le peuple heureux et de réaliser le ciel sur la terre l Car, sachez-le bieD, l'antique moyen de consoler les douleurs d'ici bas par les joies futures de l’autre monde , ce moyen n’est plus de mise*... A l’œuvre donc ! »
« Et d’ailleurs, continue le pasteur Uhlich.les enfants ne sont passeulemeut les enfants de pères et de mères que l’on peut contraindre de les envoyer aux écoles et aux églises où l’on enseigne le dogme du passé; ils sont aussi les enfants du dix-
et le Gesangbuch sont l'alpha et l’ôméga ! » — et la feuille de M. Diesterweg a trouvé ce singulier argument : • Quoi I on accuse d’athéisme l’école de la libre commune , quand il est de notoriété qu’on ne s’y occupait en aucune façon d’instruction religieuse quelconque ! •
1. « Denn die Vertrüstung liber den Jammer der Erde aufden Jubel des jenseiligen Himmels, nein, die hilfl auch bei dem AltglSubigslen nicht mehr. • (Sonntags Blatt, 14 mars, 1852),
SF.C01SDE PARTIE.
neuvième siècle, enfants de cet esprit humain qui, dans l’énergie de son développement, a déjà brisé tant de vieilles, chaînes. Chaque aspiration apporte à leur poitrine non-seulement l’air vivifiant, mais aussi l’esprit du siècle. Et, quand, le soir, au foyer de la famille, ils entendront bafouer ce qui leur aura été dit, le jour, à l’école, nous verrons de quelle main la semence sera le mieux reçue dans leurs jeunes âmes, quels germes s’y enracineront et s’y développeront avec le plus de puissance. »