‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 63 sur 131 · Voyez ce document au cbap. I de la 2 c partie · texte numérisé non relu

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« On a demandé dans quels rapports l’instituteur, en tant que dispensateur de l’enseignement religieux , doit se trouver vis-à-vis du pasteur de la paroisse.

«Selon les prescriptions toujours en vigueur du general Landschul- Reglement, et de Vallgem. Landrecht, l’École et le maître sont placés sous la surveillance et sous la direction du pasteur local (des Ortsgeistlichen), qui, en se conformant aux réglements promulgués par les autorités scolaires, doit arrêter le plan des études, dans l’école, et en surveiller la mise en œuvre.

« Ces prescriptions s’appliquent, tout spécialement, à ce qui est le but principal de l’école (Hauptzweck) , l’instruction religieuse, laquelle doit être préparée, dirigée et dispensée par le pasteur.

« Dans quelle mesure l’instruction religieuse doit-elle être donnée par le maître? On s’en fera une juste idée, si l’on se rend compte exactement du but de l’enseignement préparatoire à la communion dans l’École *.

« Tant que la jeune population de l’école est dans l’àge où le pouvoir d’intuition (Anschauungsvermôgen) et la mémoire sont les facultés dominantes , l'instruction dont on parle ne doit pas être seulement, dans les classes, une sorte de répétition, mais un enseignement propre à éclairer l’intelligence, à échauffer le cœur ; et il importe que l’école soit, pour les enfants, le moyen d’acquérir tous les matériaux que devra féconder la parole du pasteur.

« De là le rôle de l’école en ce qui concerne l’instruction religieuse.

« Culture de l’intelligence, du cœur, et de la volonté; histoires bibliques de l’Ancien et du Nouveau-Testament; prières.

1. Voyez, à ce sujet, un écrit de M. Thilo, directeur du séminaire d’Erfurt intitulé : tVos kann der Kalechet vom Pndiger lumen? J

maximes et paraboles, cantiques tirés du livre de cbanls ( Gesangbuch ); chronique de l’histoire sacrée, élude du théâtre des événements bibliques, particulièrement de la Terre-Sainte, surtout étude de l’histoire de la Réformation, — tous ces objets rattachés entre eux par un lien naturel, mais non présentés avec la rigueur systématique de l’enseignement du pasteur, constituent l’instruction religieuse de l’école.

« C’est pourquoi nous adjurons les pasteurs de diriger l’instruction religieuse, dans chaque école, avec un soin d’autant plus sérieux que, la plupart du temps, les maîtres négligeant cette partie de leur tâche, l’enseignement donné dans le temple, ne trouve que des intelligences vides et des cœurs glacés.

« C’est pourquoi aussi nous leur recommandons, dans les conférences où chacun d’eux réunit les instituteurs de sa paroisse, et où ces derniers doivent subir l’ascendant de la conviction et des conseils plutôt que la pression de l’autorité, de faire en sorte qu’une foi vivante se fonde, dans leur esprit, sur l'intelligence de l’Ecriture, et de leur prodiguer, avec leurs conseils, toutes les instructions dont ils ont besoin «. »

Une autre circulaire, en date du 4 juin 1852, présente également un caractère qu’on ne peut méconnaître. Nous traduisons* :

« L’expérience des dernières années nous a de nouveau appris à reconnaître (aufsneue trkennengelehrt) combien il est nécessaire d’enraciner et de fortifier les fondements de la religion et des mœurs dans toutes les classes du peuple, et conséquemment le sentiment d’une sérieuse pratique religieuse; combien il importe que l’on comprenne la nécessité

1. Circulaire adressée à tous les surintendants et inspecteurs de Cercle.

S. Voyez , sur ce même sujet, la circulaire du ministre de l’instruction publique, au chapitre II de la l r * partie.

d’une fidèle observation du dimanche et des fêtes, et de la participation aux exercices du culte public.

« tl est très affligeant de penser que parmi les instituteurs, contrairement à leurs devoirs et au but principal de leur mission , qui est de former la jeunesse à la piété , les uns ne fréquentent jamais le service divin, les autres ne s’y ren • dent qu’irrégulièrement ; qu’ils ne prennent point part à la sainte communion, et qu’au lieu d'être, comme ils le devraient, pour leurs communes, un modèle salutaire, ils leur donnent le pernicieux exemple ( verderbliches Beispiel) du mépris des saintes pratiques et des habitudes chrétiennes.

« Nous vous chargeons de communiquer cette circulaire à tous les instituteurs de votre ressort d’inspection, et de faire en sorte de ramener au devoir ceux qui sont en faute. Nous vous faisons remarquer expressément que, partout où les instituteurs, faisant fonction de chantres, organistes, sacristains, se croient permis de déserter l’Église pendant le service divin et pendant le prêche, de manière à faire scandale par une négligence affectée, une conduite si coupable doit provoquer la plus vigilante sévérité de la part des fonctionnaires préposés à l’inspection. »

■ Le Consistoire royal de la province de Brandebourg. »

Nous le répétons, et l’on nesaurait maintenant en douter, la renaissance 1 qu’à travers les nuages d’un présent chargé encore des embarras du passé, l’on s’applaudit de voir poindre dans la sphère de l’éducation populaire, au-delà du Rhin, n’est autre chose qu’un retour aux principes qui ont soutenu la première époque .

f 1. «Eine retigiOs-und sittlich-politische Wiedergeburt beginnt.undsich fortenwickelt zdr Heiligung undJKrafligung des Volks. » (FUrbringer, Gedankenjiber chris tlich- nationale Erziehung.)

La mission de l’instituteur, affirme-t-on aujourd’hui, « est de développer dans l’enfant les facultés que la place réservée à l’homme fait dans la hiérarchie sociale, lui impose la nécessité de posséder *. > Que diraient d’une telle maxime les ardents théoriciens de Francfort?

Toutes ces déclarations des organes divers de l’opinion a» delà du Rhin , toutes ces manifestations de la conscience publique se sont résumées récemment, et ont pris corps et vie, si l’on peut dire, dans un document officiel d’une haute importance, document qui est, tout ensemble, le meâ cuîpâ. de la Pédagogie, et la profession de foi de l’administration supérieure de Berlin. En dépit des embarras d’une phraséologie souvent obscure, il faut citer ce document dans son ensemble.

Principes fondamentaux concernant l’organisation et l'enseignement de l’Ecole primaire évangélique 1 2 .

« Des changements profonds se sont manifestés, en ces derniers temps, dans la vie intime et dans le développement intellectuel de l’école.

« Le mouvement des idées, qui, depuis une longue période, s’est prononcé avec plus on moins de netteté dans le domaine de l’instruction publique, a fini par aboutir, sous différents rapports, à des résultats importants.

« Le temps est donc venu d’éliminer ce qui est superflu Ou erroné, et de substituer officiellement ce qui a été jugé salutaire et exécutable, par les hommes qui connaissent le prix d’une instruction populaire vraiment chrétienne et pratique.

» L’éeoleélémentaireavaitsuiviladircction intelleetuellede

1 . Fertigkeiten , welche seine künftige Stellung in der biirgerlichen Gesellschal'l erheischt... «

2. Grondziige betreffend Einrichtung und Unterricbt der Évangelischen Elomentarscbule (3 octobre 1854).

l’époque; elle en avait subi l’impulsion. Mais, de même que la vie générale du siècle est arrivée à ce point où une révolution décisive est devenue nécessaire 4 , de même l’école, si elle ne veut s’exposer, en se rattachant à une opposition vaincue, à demeurer impuissante et à dépérir, doit entrer dans le nouveau et salutaire mouvement qui lui permette tout ensemble de recevoir et de donner la vie.

« L’idée d’une éducation générale par le développement abstrait de la force intellectuelle , s’est trouvée stérile et funeste. La vie du peuple exige une régénération fondée non plus sur des théories, mais sur des réalités immuables, et sur la base du christianisme, véritable soutien de la Famille, de la Commune et de l’État.

c En conséquence, l’école primaire où la majorité du peuple reçoit les éléments de son instruction ou même son instruction tout entière, ne doit point reposer sur un système abstrait ni sur une pensée purement scientifique; elle doit avoir en vue la vie pratique dans l’Église ,1a Famille, la Commune et l’État, et rester dans les limites qui lui sont tracées. L' éducation est le but ; la méthode n’est qu’un moyen sans valeur par lui-même. L'instruction formelle est le résultat des objets qu’embrasse renseignement; si elle ne tient pas compte des éléments réels ou si elle les choisit à contresens , elle devient funeste et destructive.

a En partant de ce point de vue, on comprend qu’il importe moins à l'école élémentaire d’adopter et d’organiser des cours nouveaux que de faire un choix rationnel des objets d’enseignement, de les circonscrire en de justes limites, et de donner à l’école une organisation en harmonie avec son but, à savoir, l’éducation de la génération qui s’élève.

1. Das gesammte Leben des Zeitalters... vvo ein entscheidender Umschwung niithig geworden...

« C’est d'après ces données, que doivent être appliqués les principes suivants , pour l’organisation du nouveau plan d'études.

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