‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 64 sur 131 · I.— Religion · texte numérisé non relu

I.— Religion

« La confirmation fait entrer dans la Commune, comme membre indépendant, l'enfant incorporé à l'église du Christ par le saint baptême. L’École admet dans son sein des enfants ayant droit à toutes les grâces du salut, pour les préparer à la réception de ces grâces. Le maître doit donc être sanctifié luimême pour pouvoir dire, comme le Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants , car le royaume des Cieux leur appartient. »

« Le Christ est la fin de la loi ; quiconque croit en lui est dans la voie de la justice.

c C’est en se fondant sur ce principe quele réglement d’études des écoles normales a proclamé : a que l’histoire biblique est le champ où l'école élémentaire doit se proposer de réveiller et de développer la vie chrétienne au cœur de la jeunesse qui lui est confiée. »

« Depuis le moment où le Dieu triple et un a créé le ciel et la terre, jusqu’au jour où l’Esprit saint a envoyé les apôtres, afin qu’ils pussent rendre témoignage de Dieu, l’histoire biblique est le tableau des œuvres de la grâce divine, qui aujourd'hui encore doit préparer à la rédemplion et sanctifier le cœur de tout mortel.

« C’est pourquoi il importe de voir l’enfant chrétien faire revivre en lui l’histoire biblique; et c'est à cela que l’école a mission de le conduire. Il faut qne l’élève apprenne à raconter l’histoire de la Bible avec intelligence; et, afin qu’il s’y rende apte, le maître doit d'abord la lui raconter.

« L’action divine s'est révélée par des paroles consacrées;

aussi l'histoire biblique sera racontée avec les paroles mêmes de la Bible.

« Or, la Bible contient du lait et des aliments solides : les histoires bibliques seront donc reproduites sous la forme et dans le cadre que lui donnent les bons recueils hisloriques. C'est ainsi qu’elles seront expliquées, que les entants les reliront, qu’ils les raconteront, qu’ils les confieront à leur mémoire, et qu’elles deviendront vivantes en eux.

« Par là sont indiqués le procède et le but, dans l’enseignement de l’histoire biblique.

« Pour les deux premières années, la création, la chute du premier homme, le déluge, la vocation d’Abrahum et la mission de Moïse, les histoires de la vie du Christ, qui servent à l’explication des fêles chrétiennes, aux preuves de sa divinité et de son amour miséricordieux, fourniront des matériaux suffisants ; après quoi, les enfants sachant lire couramment, on suivra strictement un recueil d’histoires dont l’étude comprendra tout le temps destiné à l’école; les enfants les plus avancés liront in extenso dans la Bible, les chapitres correspondants.

« Dès l’entrée des enfants à l’école, on les exercera à réciter notre Père, la bénédiction du matin et du soir, le bénédicité et les grâces; les enfants déjà instruits apprendront en outre la prière générale de l’Église et les autres parties du culte liturgique.

« A la prière du matin, on fera réciter une sentence et un chant hebdomadaire.

« De plus, on choisira au moins trente cantiques, parmi ceux désignés pour les candidats aux écoles normales, et ces cantiques seront appris par cœur. Pour les maximes, on suivra un recueil ; ou bien on les fera apprendre en même temps que le catéchisme.

- Chaque samedi on lira les piricopet du dimanche sui-

vant, et on les expliquera ; les évangiles du dimanche, tout au moins, doivent être appris par cœur.

« La lecture de la Bible ne sera offerte qu’aux enfants sachant déjà lire couramment. En dehors des péricopes, le pasteur fera un choix dans les psaumes, les livres prophétiques, et les épîtres du Nouveau-Testament.

« Le catéchisme en usage dans la Commune sera appris par cœur, aussi longtemps que la préparation à la confirmation l’exige; il faut que le texte en soit compris par tous les enfants, et récité par eux correctement et avec l’expression convenable.

« Làoù l’on se sert du catéchisme de Luther, on fera apprendre jusqu’à la dixième année, les cinq premiers chapitres, et à partir de cet âge, le commentaire de Luther sur ces chapitres.

« Ce qu’on appelle catéchisation sur les points de doctrine, ou sur les maximes, est exclu de l’école élémentaire.

«Le devoir principal du maître est [de développer les objets d’enseignement, tels que nous venons de les exposer, de les mettre à la portée des enfants , et de les inculquer daus leur esprit. Savoir bien raconter, donner à ses idées une forme saisissante, résumer la pensée principale, voilà ce que l’on demande au maître ; de plus, il faut qu’il ait luimême cette foi vive qui, dans les choses divines, sans un grand appareil d’art, produit la conviction et la vie.

« On consacrera six leçons, par semaine, à l’enseignement religieux ; d’ordinaire c’est par là que commencera ou se terminera l’école.

« Dans les écoles où l’on ne jugera pas utile que tous les élèves indistinclementsuivent l'enseignement catéchélique, on occupera une partie des enfants par des exercices qui devront être choisis dans l’ordre des choses religieuses.

« Le chant en commun d’un cantique ou d’un verset; la

BÉACTJON.

prièredite au commencement de l’étude; l’attitude du maîtreet des élèves, tout doit donner à la leçon un caractère à! édification. Il importe que le maître veille avec un soin tout particulier à se maintenir constamment dans la grâce divine, afin qu’il puisse prier, en toute conviction et dévotion , avec ses élèves, pour eux et pour lui-même; et qu’il soit en droit de s’appliquer le commentaire de Luther sur le quatrième commandement : * Je suis, moi aussi, un seigneur (ein Heer) préposé, par l’ordre de Dieu et en son nom, pour veiller sur de pauvres enfants qu’il h\x\. gouverner et élçver. » Ce en quoi consiste la véritable vie de l’école chrétienne, c’est que, fondée sur la parole de Dieu et placée sous son inspiration, cette école est un établissement propre à l'instruction et à l’amendement, les élèves en devant sortir animés de l’esprit de Dieu, et aptes à toute bonne œuvre.

Aux maîtres qui sentent en eux une sérieuse vocation, nous rappelons ces paroles : « Le Seigneur dit à l’impie : Pourquoi célèbres-tu de bouche mon alliance et proclames-tu mes droits, tandis que toi-même tu hais l’obéissance et méprises mes lois? » Et encore : « Du corps de celui qui croit en moi couleront des torrents d’eau vive. »

Page 1