‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 9 sur 131 · Denkschrift, etc., p. 35 et · texte numérisé non relu

Denkschrift, etc., p. 35 et

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d'une nature déchue. Elle a pour objet d’éclairer l’intelligence obscurcie et de relever une volonté qui s’égare.

La réhabilitation a lieu par la g race de Dieu qui se sert du travail de l’homme 1 . Conséquemment, l'éducation est, avant tout, l’initiation de l’âme à la foi chrétienne ; les connaissances profanes doivent elles-mêmes aboutir à ce but suprême comme les rayons convergent vers le centre ; et le développement des facultés, s’il a lieu en dehors de l'inspiration qui en doit être la loi, devient nuisible au lieu d’être utile*.

Au second point de vue, l’éducation est la transmission de l’ensemble des traditions politiques et morales qui constituent la vie d’un peuple. L’enfant, de très bonne heure, doit être formé pour le milieu dans lequel il est appelé à vivre. Ce n’est pas l’individu qui doit essayer de transformer la société, pour la faire à son image, c’est la société qui prépare le moule dans lequel l’individu doit être jeté. A la hiérarchie d’après laquelle sont distribuées les différentes classes au sein de l’État doivent correspondre, dans leur variété, les degrés de l’éducation chez un peuple.

Telles sont, dans leur expression la plus générale, les idées qui, durant l’époque où l’école fut l’annexe de Y Église, présidèrent, dans l’Allemagne protestante comme dans l’Allemagne catholique, à la direction de l’instruction populaire. Ce n’est pas le lieu de présenter la critique de ces idées; je ne discute pas en ce moment, je constate.

1. Spener, dont le piétisme, très différent de ce qu’on appelle aujourd’hui piélisme en Allemagne, insiste beaucoup plus que le dogmatisme de Luther, on sait pourquoi, sur • le travail de l’homme» et • le mérite des œuvres, » Spener aurait, à cet égard, relativement au luthéranisme pri mitif, une certaine teinte d’hétérodoxie : « Ailes, dit-il, zur Praxis des Glaubens und Lebens gerichtet werden muss. ■ (Pia desideria , p. 88 et pas sim.)

2. « Wcr an Geschicklichkeit wachse , und nicht an guten Sitten, der lerne mehr hinler sich, als vor sich. » (Spener, op. cit., p. 87.) — Cf. Luther, passim ; Hambacb, der wohlunterwiesene Informator, etc.

Une période nouvelle s’ouvre pour l’histoire de l’enseignement populaire au moment où la pédagogie, s’érigeant en science indépendante, s’isolant des traditions séculaires qui avaient guidé ses premiers pas, formule ses prétentions à la souveraineté.

Transportons-nous immédiatement au cœur même de cette période. En regard de l’exposé qu’on vient de lire, plaçons le tableau des faits contemporains : le contraste en fera ressortir la physionomie et permettra d’en saisir le caractère dans un vif et saillant relief.

Nous aurons à chercher ensuite l’explication de ce contraste.

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