PET E
ment les biens au moment du décès de leur propriétaire, l'Etat doit montrer sa réprobation pour la vie inutile du millionnaire égoïste. (1) ». D’ailleurs, dans un autre sens, la taxe successorale peut encore exercer une réaction bienfaisante sur la distribution de la richesse en favorisant les legs au profit de personnes au service du testateur ou des établissements charitables.
De tous les arguments en faveur de ia taxe sur les hérédités, celui qui est basé sur la diffusion de la richesse est celui qui se rattache le plus étroitement aux tendances socialistes.
b). — RÉTRIBUTION D'UN SERVICE RENDU.
D’autres estiment que l'impôt de succession se justifie par la rétribution due à l'Etat pour la protection qu’il accorde à la propriété et à la libre transmission des biens. — Ce n’est d’ailleurs que l’application du système qui considère l’impôt en général comme le salaire de services rendus par l'Etat au contribuable. — Dans une première théorie (2), on représente l’Etat comme un associé tacite de chaque citoyen pour toutes ses affaires, sans l’aide et la protection duquel il lui serait impossible de se livrer aux affaires et d'amasser des richesses. Quand l’association vient à être rompue par la mort, l’associé tacite a droit à une part de capital. — D’après une seconde théorie, le droit de recueillir une succession
(1) North American Review, ch. CXLVIIL, p. 659. (2) ESCHENBACH. — Erbrechtsreform und erbschaftssteuer, Berlin,