PREFACE. XV
son discours contre Apaturius, que, pour protéger . le commerce d'Athènes, les lois permettaient de retenir en prison les débiteurs qui ne payaient pas aux négociants les sommes auxquelles ils avaient été condamnés pur des sentences. Voilà donc bien de> exceptions à la loi de Solon ! î Du reste , tout le monde s'accorde à reconnaître que, quelle que fût la portée de cette loi , elle ne s'étendit pas au delà du territoire athénien , et que l'esclavage pour dettes n'en fut pas ébranlé dans le reste de la Grèce (1).
Ce droit si profondément empreint dans les civilisations sur lesquelles nous venons de jeter un coup d'œil , Rome le connut dans ses premiers temps. Elle le formula avec cette dureté de cœur et ces froides et imperturbables déductions que le génie romain apporta dans l'organisation de l'État, de la cité, de la famille. Servius trouva le menu peuple écrasé sous le poids des dettes, faisant de la liberté son moyen de crédit , et payant par la servitude ce qu'il ne pouvait payer avec la chose stipulée. Il promit, avant d'être roi , d'abolir l'esclavage pour dettes , et de défendre la convention par laquelle le corps d'un homme libre était obligé comme un gage mobilier (2). S'il est vrai que cette promesse fut tenue, ce qui ne parait pas certain (3) .
(i) Diodore, 2, 2, 79.
(2) V. son discours rapporté par Denys, IV, il. Saumaise, p. 807.