PREFACE. \\H
cours des orateurs qui ont élevé la liberté au-dessus de toutes les conventions de l'homme. « Convenue privala, disait le jurisconsulte Gallistrate, neque 9 sercum quemquam , neque liber lum alicujus facere i poiest (l). »
Si cependant il est une vérité de fait incontestable , c'est la vente fréquente que les hommes libres faisaient de leur personne (2). La souveraineté de soi-même était considérée comme un droit naturel , et la rigueur logique qui conduisait ce droit jusqu'au suicide admettait à plus forte raison le pouvoir d'aliéner la liberté et le droit de cité. Cicéron établit en principe que , suivant la coutume des ancêtres, un citoyen romain peut abdiquer volontairement sa liberté et ses privilèges de citoyen (3). Du temps des empereurs, un des jurisconsultes dont les écrits ont servi à la compilation de Tribonien, Marcianus, traite formelle-
(t) L. 37, D., De liberàli causa.
Junge Diocl. et Maxim., 1. 10, C , De libcrali causa ; Et Cicéi\, Pro Cœcinâ) c. 33 : « Liber tas adimi nullo » modo potes t. »
(2) Saumaise, p. 8o9, SGI.
(3) Pro domo suày 29 :
« Scilicet quùm hoc juris à majoribus proditum sit^ ul » nemo civis romanus aut libertatem aut civilalem possit amil- » tere, msi ipse AUCTOR FÀ.CTCS sit... quia jus à majoribus » nostris... ità comparatum est, ul civis romanus libertatem » neme possit isvitus amitlere... civitatem v crû nemo unquàm} » ullo populijussu , amittel invitus. »
XVIÏI PRÉFACE.
ment de la manière de se mettre en servitude en se vendant (1) :
« Servi autem in dominium nostrum rediguntur aut » jurecivili, aut gentium : jure civili, si quis se major » viginti annis, ad prelium participandum, venire passus » est. »
Et cet usage , malgré tous les axiomes de droit répandus dans les livres , malgré tous les aphorismes sur le prix infini de la liberté et l'inaliénabilité de la personne (2) , cet usage subsista (3) jusqu'à l'empereur Léon qui défendit un tel abus de la volonté (4) , triste et nécessaire effet de la misère. Quintilien cite l'exemple d'un fils pieux qui s'était vendu à un gladiateur, afin d'avoir de l'argent pour rendre à son père les honneurs de la sépulture (5).
(\) L. 5, § 1, D., De statu homin.
(2) Ulpien, 1. 43, D., Ad leg. Aquil. - « Dominus mcmbro-
rum suorum nemo videlur. »
Caius : Liberum corpus nullam recepit œstimationem. L. 7, D., De his qui effuderunt.
Paul, Sentent ., V, 1, 1,
(3) Voyez 1. 5, C, De liber, causa (Alexandre), et leslnst.
de Justinien, De jure personar.^ §4.
Ulpien, 1. 1 , D., Quihus ad liber tat. proclam, non licet. Pomp., 1. 3, même titre.