XXXVIII PRÉFACE
Le principal personnage, mis en scène par l'historien et délivré par l'ambitieux Manlius , est un centurion addictus, et non pas un nexus. Ce qui est plus décisif, c'est que le nexus, étant entré dans le mancipium du créancier, n'en pouvait sortir que par une remancipation , c'est-à-dire par l'affranchissement, suite de la fiducie originaire (1).
Maintenant, revenons à l'histoire.
La querelle des dettes prenait à Rome les faces les plus diverses. Tantôt c'était pour lé taux des usures que les débiteurs s'agitaient; tantôt c'était le traitement subi par les obérés qui enflammait le peuple de colère. Lorsque la sédition avait obtenu des lois d'abolition et des règlements restrictifs du montant de l'intérêt, elle s'en prenait à la rigueur que le droit de Rome faisait peser sur le débiteur pour obtenir le paiement du capital (2). Tout était rude, en effet, dans le sort des débiteurs; tout était un sujet de misères et de plaintes. Le peuple était accablé : Totam plebem œre cdieno demersam esse (3). Et quand les esprits conciliants proposaient des mesures équitables en faveur des nexi, la hauteur
(î) M. Zimmern, I, §45.
Junge arg. de la Collât, des lois niosaïq. et rora,, t. 2, n° 3:
« Per liomùiem liberum noxœ dedilum si tanliim adquisitum
j> sit, quantum damni dédit, manurnittere cogendus est à prœ-
» tore qui noxœ dedilum accepit. Sed fiducice judicio non le-
» netur. »
(2) Tit. Liv., VII, 19:
« Etsi unciario fœnorefaclo , levata usura erat, sorte ipsâ » obrucbantur inopes, nexumquo iniùant. »
(3) Tit. Liv., II, 29.